PERSPECTIVE DE L'EVEIL










L'EVEIL, ENJEUX ET PERSPECTIVES



Nous allons vous présenter sous la forme d'une suite de prises de conscience, la pratique de ce qui constitue l'essentiel de l'Eveil. On trouvera évidemment la reprise des grands thèmes du résumé de l'enseignement. Mais tandis que le résumé n'avait pour but que de permettre une claire compréhension, nous nous attacherons cette fois-ci à exposer l'aspect pratique et réalisateur.

Certaines prises de Conscience relèvent d'une pratique quotidienne de la méditation, d'autres prises de conscience peuvent à la fois se réaliser durant les moments de silence et d'isolement contemplatif, mais également durant l'accomplissement des activités quotidiennes. L'introduction des prises de conscience d'où découle l'Eveil spirituel au sein des activités quotidiennes, est un élément fondamental de la discipline. Le caractère extrêmement condensé des différentes évocations que vous allez lire nécessite, pour qui veut comprendre à un niveau profond, une lecture très lente, plusieurs relectures successives, et un effort pour effectuer en soi-même les prises de conscience suggérées. Nous appelons "perspective" chaque facette du cheminement de la Réalisation spirituelle. Certaines perspectives ne sont que des étapes menant à des perspectives plus profondes. D'autres constituent le développement de ce qui était implicitement contenu dans une perspective précédente. Et enfin il est une troisième catégorie de perspectives qui sont indépendantes, quoique complémentaire de celles qui les ont précédées, et qui peuvent être abordées dès le début de la quête. Comprendre une perspective n'est rien. Ce qui est important c'est la capacité de vivre intérieurement son contenu.

L'ensemble des perspectives forment une discipline réalisatrice dont la valeur se vérifie dans l'expérience. Certaines perspectives demandent plusieurs années de travail sur soi-même pour devenir des réalités vécues. Il y a peu de chances que l'autodidacte mène jusqu'à son terme un tel travail. L'aide de quelqu'un engagé sur le sentier est, répétons le, nécessaire.



1 - Perspective dite de l'Observation Corporelle

Prêtez attention aux sensations corporelles. Sentez la pression du corps assis qui repose en différents endroits sur des surfaces dures. Percevez le va et vient de la respiration. La sensation de l'air qui pénétre dans les poumons et ressort par les narines. Prenez conscience de la présence de l'air autour de votre corps, de sa sensation sur votre visage. Prêtez attention à la circulation du sang. Percevez la chaleur de son mouvement interne. Prenez conscience d'un manière globale de la vie du corps. Sentez cette vie paisible qui palpite doucement. Réalisez que vous êtes le calme observateur de cette vie, et qu'étant l'observateur vous êtes distinct de ce que vous percevez. Sentez que vous êtes le témoin silencieux de la vie du corps qui est assis.
Qui effectue régulièrement cette prise de conscience verra la sensation d'un calme profond s'accroître peu à peu. Parallèlement à ce calme, le sentiment d'être l'observateur et non le corps observé deviendra de plus en plus intense.
Ceci est le début du chemin. C'est un commencement aisé, abordable par tous, et cependant en lui vous entamez le dépassement de la surface de l'existence.



2 - Perspective dite de l'Observation Sentimentale

Passez en revue les sentiments qui vous relient à des personnes, à des lieux, à des possessions, à des souvenirs ou à des projets.
Faites cela tranquillement, sans vous attarder outre mesure dans l'évocation de chaque sentiment. Il suffit de brièvement repérer l'ensemble de vos liens sentimentaux. De voir intérieurement qu'il y a en vous un courant sentimental, qui potentiellement vous attache à telle ou telle personne. Tel ou tel espoir, tel ou tel souvenir. Telle ou telle possession. De voir un à un vos différents liens sentimentaux, pour discerner peu à peu votre structure affective. Retracez rapidement la genèse et la fabrication de certains attachement affectifs. Observez de la sorte les liens positifs comme les liens négatifs. Si un sentiment de rancœur ou de frustration vous relie à un événement, ou à une personne, regardez-le comme un spectateur indifférent. Constatez objectivement sa présence. Regardez-le comme on regarde un insecte bizarre qui marche dans l'herbe.
En contemplant une à une vos potentialités affectives, comprenez qu'elles engendrent en vous des phénomènes qui se produisent spontanément, sans votre intervention. La haine ou l'amour, la déception ou la convoitise, la tristesse ou la joie, jaillissant en vous comme les nuages et les éclairs qui jaillissent dans le ciel. Ils ne vous consultent pas. Ils vont, ils viennent, se développent et s'estompent indépendamment de votre volonté.

Constatez cela.

Constatez que votre Réalité se trouve derrière les tumultes ou les harmonies sentimentales.
Votre capacité de profondeur ne peut s'accroître que pas à pas, lorsque toute hâte est abandonnée. Ce qui est acquis dans l'immobilité silencieuse, rejaillit progressivement au sein des activités et modifie votre comportement.




3 - Perspective dite de l'Observation du mental

Fermez les yeux et contemplez ce qui se passe intérieurement. Voyez les pensées aller et venir. Observez attentivement comment elles s'enchaînent les unes aux autres. Comment de nouvelles pensées font irruption. Aucun effort mental n'est requis. Vous restez là, tranquillement attentif et observateur des mouvements du mental. Si votre observation suspend ces arabesques, vous restez contemplateur du vide qui en résulte. Si votre observation vous fait prendre conscience d'une multitude fourmillante de pensées, vous les regardez passivement.
La pensée "j'observe les pensées", est elle-même une pensée observable. Restez donc ainsi passif, extrêmement attentif, et voyez que : "ça pense en vous". Sentez que vous êtes distinct des mouvements du mental. Il y a les pensées et il y a vous.
La pratique dépend de chacun, elle demande du temps et de la persévérance. C'est insensiblement qu'émerge la Connaissance de votre Réalité profonde.




4 - Perspective dite de l'Observation globale

L'observation de l'homme doit être accomplie quotidiennement. Il est souhaitable que tous les jours, vous vous réservez une période de silence, durant laquelle, tranquillement assis, et demeurant immobile, vous accomplirez une observation prolongée des sensations et des pensées.
Indépendamment de cette pratique, il est particulièrement important d'intégrer l'observation à votre vie quotidienne. Vous pouvez observer l'homme d'une manière globale en toutes circonstances. L'observer en train de marcher, de parler, de travailler. Observez la joie, la tristesse, la déception, l'impatience ou la convoitise, qui viennent puis s'en vont. C'est une question d'entraînement. Multiples sont les résultats qui en découlent.
Par l'observation la connaissance de soi-même, par la connaissance du Soi, un Savoir qui dépasse infiniment l'homme. Ce Savoir n'est donné qu'à ceux qui travaillent assidûment pour le faire jaillir en eux. Les autres se contentent d'une spiritualité verbale dont ils ornent leur ego.




5 - Perspective dite de la conscience morale

L'observation est une présence à soi-même, en elle la conscience morale se développe. La compréhension de ce qui est bien ou mal, de ce qui est beau ou de ce qui est mesquin, de ce qu'il faut accomplir ou de ce dont il faut s'abstenir surgit spontanément, et donne une réponse adéquate à chaque circonstance. Il ne s'agit pas d'adopter un code de conduite dicté par une autorité extérieure, pour engendrer ainsi un ensemble de refoulements et d'insatisfactions. Il faut devenir créateur de vos propres valeurs morales. C'est une question de sensibilité. Plus vous percevez clairement que ceci est négatif, moins vous éprouvez de joie à l'accomplir, et plus vous avez de contentement à réaliser ce qui vous apparaît comme positif. Le perfectionnement individuel repose sur la prise de conscience, comprenez cela et vivez-le.
Avec la pratique vous vous apercevrez que plus votre conscience est intense, plus les éléments négatifs du comportement, qui en fait sont des attitudes semi-inconscientes, se trouvent paralysées, puis déracinées. Vous parviendrez à un état de spontanéité totale, dans lequel le mental raisonneur est abandonné. Il n'y a plus ni angoisses, ni soucis inutiles. L'extrême simplicité de la vie nous apparaît. Car la vie est simple lorsque les complications mentales se sont dissoutes. D'instant en instant vous êtes lucide, disponible, adapté à la Réalité.



6 - Perspective dite de la désidentification

Plus vous progressez dans l'art de l'observation, plus le sentiment d'être distinct de ce que vous observez s'affirmera et se renforcera. Vous êtes le sujet qui observe. Le corps, les sentiments et les pensées, sont l'objet de votre observation. La compréhension intellectuelle d'évidence ne mène à rien. Ce qui est profondément transformateur c'est de vivre de jour en jour, d'instant en instant, cette compréhension. Par elle un profond changement s'opère dans notre manière d'appréhender l'existence. Auparavant lorsque vous pensiez "je", cela se rapportait au corps, aux sentiments et aux pensées. Vous pensiez "mon corps, mes sentiments, mes pensées". Or voici que vous vous apercevez, avec une lucidité toujours plus intense, que cette identification au corps, aux sentiments et aux pensées était fausse.
Vous n'êtes ni le corps, ni les sentiments, ni les pensées. Vous êtes la conscience témoin. Ainsi progressivement vous vous désidentifiez de l'homme. Cette désidentification bouleverse toutes vos valeurs, vous perdez tout ce que vous vous étiez imaginé posséder. C'est une mort initiatique. Vous ne possédez plus rien, vous connaissez le dépouillement et la pauvreté d'esprit qui précèdent la Connaissance de l'Immensité.



7 - Perspective dite du détachement

De la pratique de la lucidité observatrice résulte le détachement. Vous constatez que tous les sentiments qui en vous s'attachent, désirent, redoutent et regrettent, demeurent extérieurs à vous. Ce sont de simples perceptions que vous, en tant que témoin silencieux, vous contemplez. Vous réalisez cela au sein des circonstances où habituellement l'attachement se manifestait, et peu à peu s'instaure en vous un détachement total. Aucun renoncement douloureux n'est requis. C'est une prise de conscience paisible et silencieuse, qui est vécue comme une libération de la souffrance psychologique. Toutes les souffrances psychologiques sont la conséquence de l'attachement. Dans l'impermanence de toute chose, celui qui s'attache aux personnes, aux possessions, au statut social, aux projets d'avenir, est condamné à souffrir sans cesse. Seul celui qui est détaché peut traverser l'existence avec un cœur calme et serein.
Le détachement est souvent confondu avec l'ascétisme, pourtant il s'agit de deux choses complètement différentes. Le détachement dont nous parlons n'est lié à aucune espèce d'ascétisme. Vous pouvez jouir de toutes les choses de la vie, et cependant ne vous attacher à aucune d'elles. La jouissance est une perception, être détaché ne signifie ne pas rejeter telle ou telle catégorie de perception. Cela signifie ne pas s'identifier au corps ou bien au mental, et demeurer l'observateur. Cela ne veut pas dire ne plus éprouver de désirs, mais signifie contempler avec équanimité la satisfaction ou la non-satisfaction des désirs émis par la personnalité. Cela n'inclut aucune insensibilité physique ou affective, mais nécessite le "lâcher-prise", qui survient lorsqu'on cesse de se prendre pour un homme; et que l'on demeure témoin conscient, inaffecté par les vicissitudes de l'existence.

Telle est la perspective du détachement pour qui ne fuit pas le monde, ne s'isole en aucune forêt ou monastère, et poursuit sa quête spirituelle tout en ayant une famille et une activité professionnelle. L'obtention du détachement demande un travail quotidien, de manière à parvenir à une discrimination constante, et part la suite spontanée, entre vous et le perçu.
Chaque pas sur ce sentier se concrétise par un accroissement de la liberté intérieure.



8 - Perspective dite de la conscience témoin

Si vous avez assidûment pratiqué l'observation, vous savez d'expérience que vous percevez un homme, mais que vous n'êtes pas cet homme. La question : qui suis je ? se pose alors. Il ne s'agit pas d'endosser une théorie préfabriquée. Il faut se poser à de fréquentes reprises cette question, et écouter intérieurement la réponse. La perception intérieure du "je" pur jaillira alors. Qui est identifié assimile le sentiment du "je" au corps ou à l'esprit pensant. Mais si vous êtes désidentifié, il vous est possible de sentir le "je" de la pure Conscience. "Je suis Conscience pure". Telle est la compréhension qui surgit à qui s'interroge et écoute.
De cette conscience témoin qui perçoit l'homme et le monde, le mental ne peut rien dire, car c'est une conscience qui en elle-même est vide de contenu. S'il n'est pas possible de discourir dessus, il est possible de la percevoir :
Tranquillement assis, fermez les yeux et écoutez les bruits qui parviennent jusqu'à vous. Prêtez ensuite attention à l'ensemble des sensations corporelles puis aux pensées, demeurant ainsi attentif et vigilant, vous percevez clairement que vous êtes le témoin de toutes les perception physiques et mentales. Ayant ressenti votre indépendance vis-à-vis du perçu, portez votre attention sur la conscience elle même. Vous réalisez alors qu'il y a en vous la Conscience elle même. Vous réalisez alors qu'il y a en vous un silence, un vide, un espace immuable. En vous concentrant sur cette perception vous entrez dans ce vide et ce silence, qui n'ont ni commencement ni fin. L'absence totale de toute forme et de toute limitation du spectateur des pensées vous apparaît. Ce spectateur c'est vous-même, et vous êtes amené à vivre votre absence de limite, à vivre la réalité de votre vide éternel.

N'essayez pas de rejeter les perceptions physiques ou mentales, prêtez simplement attention à ce qui se trouve derrière. Les perception n'existent qu'à la surface de la conscience, et vous devez apprendre à percevoir sa profondeur. Profondeur et surface ne s'excluent pas, à chaque instant elles sont conjointement présentes.
Cette découverte de la profondeur et l'immersion progressive en elle, nécessitent une pratique régulière de la méditation.




9 - Perspective dite de l'Etre en soi

Cette pure conscience que vous êtes c'est la Conscience de quoi? Il ne s'agit absolument pas d'adopter une théorie spéculative, il faut par une série de tâtonnements, au sein d'un extrême raffinement de votre sensibilité intérieure, sentir qu'au delà des perceptions et des pensées il y a le Fait d'exister; et que ce Fait est un Fait conscient. En ce moment même vous existez. Renforcez en vous la sensation de votre Existence. Sentez :"j'existe", et percevez que cette sensation contient une immensité et un vide. Ce fait d'Etre que vous êtes est en lui-même vierge de toute perception et de toute pensée. A chaque instant Cela demeure immuablement en vous. Faites l'expérience de cette Réalité indescriptible.
Fermez les yeux. Oubliez ce monde. Oubliez jusqu'au souvenir du monde. Imaginez que vous ne percevez plus le corps, et constater que vous existez toujours. Imaginez que vous cesser de penser, et constater que vous existez toujours. Percevez votre pure Existence. Faites abstraction de tout, et entrez dans la Connaissance de ce qui est sans nom.



10 - Perspective dite du sommeil profond

Lorsque vous êtes en état de sommeil profond, dépourvu de rêves, vous continuez à exister. Que subsiste-t-il de vous? Il ne subsiste que le fait d'Etre. Il n'y a plus de perceptions physiques, il n'y a plus de perceptions mentales et de conscience mentale, il n'y a que la conscience de l'Etre vide de contenus. Remémorez-vous votre dernière période de sommeil profond. Qu’étiez-vous alors ? Essayez de le sentir. Sentir en Soi l'Etre pur, c'est sentir ce quelque chose qu'en l'instant même vous avez de commun avec le sommeil profond. Comprenez que le fait d'Etre est sous-jacent à l'état de veille, de rêve, et de sommeil profond. Vous retrouvez l'immuable Conscience qui est votre Identité profonde, et qui demeure derrière les perceptions de la vie humaine.
Toutes les perceptions sont éphémères. Cela seul demeure, et parce que Cela seul demeure, en tant que toile de fond sous-jacente aux différentes catégories de perceptions, Cela seul est votre réalité profonde et permanente. L'homme en ses aspects physiques et mentaux n'est qu'une catégorie spécifique de perceptions. Ce que vous êtes c'est la Conscience, cette Conscience qui existe derrière les perceptions. Intériorisez-vous, faites abstraction de ces perceptions, devinez puis percevez la présence de la pure Conscience vide de contenu; qui est en vous telle qu'elle était en l'état de sommeil profond, et telle qu'elle est depuis le début des éternités.




11 - Perspective dite de l'immanence

Tout ce qui existe a en commun le fait d'Etre, cette évidence verbale doit être intérieurement vécue. Regardez ce qui vous entoure et réalisez que tout ce que vous percevez, en dépit de sa diversité, a en commun le fait d'Exister ou d'Etre. Ce fait d'Etre, commun à toutes choses, et indépendant de toutes les formes d'existence par lesquelles il se manifeste, est une réalité invisible et indéfinissable, qui peut-être sentie par l'intuition.
Ce fait d'Etre qui est commun à toutes choses est-il unique ou multiple ? En d'autres termes, y-a-t-il dans l'univers un seul Etre ou une multitude d'Etres ? La multiplicité repose sur la séparation et la distinction. Ce qui est multiple et distinct ce sont les perceptions qui se rapportent aux formes d'existence. Le fait d'Etre étant au delà de toute perception, et de toute forme d'existence, rien ne sépare votre Etre de l'Etre du voisin, de la chaise ou de la table. Tout ce qui vous distingue mutuellement se situe au niveau des formes d'existence, et non du fait d'Etre, qui est une réalité unique et universelle.

Regardez attentivement la première chose qui tombe sous votre regard, puis éliminez mentalement toutes les caractéristiques permettant d'identifier l'apparence matérielle de ce qui est contemplé. Que reste-il ? Le vide informel.
Par la méditation sur l'immanence on comprend qu'au fond de l'homme, comme au fond de tout ce qui existe, se trouve le simple et univoque fait d'Etre. Alors la communion avec le monde est une réalité vivante. Vous devenez capable de sentir votre conscience jouer avec le corps de l'enfant, voler avec l'oiseau et demeurer dans l'arbre.
En contemplant un homme, un animal, une plante ou un minéral, vous pouvez sentir que la même et unique Conscience qui est en vous demeure en l'objet de votre Contemplation. Ainsi, en votre état de pure Conscience, vous pénétrez l'univers entier. C'est un fait d'expérience : qui perçoit la présence de la pure Conscience en lui-même, derrière les pensées de l'homme, peut percevoir la présence de cette Conscience dans n'importe quel élément du monde.




12 - Perspective dite de l'identification Transcendante

Lorsque vous savez que votre nature réelle c'est le fait d'Etre, qu'est pour vous la naissance et la mort ? Le commencement et la fin d'un ensemble spécifique de perceptions traversant le champ de votre conscience immaculée.
Vivre au niveau de l'Etre, c'est savoir que la naissance et la mort ne vous concernent pas. Ce sont de simples spectacles et vous êtes le spectateur. Vous existiez avant la naissance de l'homme et vous existerez après. Avant l'apparition du monde et après son anéantissement. La vie post-mortem et les éventuelles réincarnations ne vous concernent pas. En réalité vous ne vous êtes jamais incarné. Seul celui qui se prend pour un homme peut croire qu'il naît, meurt, se réincarne, va au paradis ou en enfer, et connaît tel ou tel destin. Vous êtes l'Etre et vous participez à sa transcendance. C'est l'illusion de l'identification à l'homme qui jette un voile sur votre Réalité. C'est au sein de cette illusion, et en son sein seulement qu'existe la mort, la souffrance, la limitation et la séparation. Comprenez que vous êtes : Etre pur et Conscience pure. Cessez de vous identifiez à l'homme et identifiez vous à l'infini.
Fermez les yeux, évoquez mentalement la vacuité sans fin de l'Etre, évoquez la Conscience Absolue et répétez mentalement un grand nombre de fois :" Je suis Cela", en vous identifiant chaque fois avec l'incommensurable. Goûtez la plénitude qui résulte de cette pratique.




13 - Perspective dite de l'ineffabilité

A la fois Transcendant et Immanent, pure Conscience intemporelle, le temps étant lié aux formes d'existence, l'Etre en soi a été appelé Dieu en certaines traditions. Que Dieu soit Etre pur est affirmé dans la bible : "Je suis celui qui suis" (exode - 3). Cet Etre pur c'est Dieu hors de tout anthropomorphisme physique ou psychologique. C'est Brahma, c'est le tao, c'est le Nirvana, tous ces mots et bien d'autres désignant la même Réalité Transcendante, qu'aucune définition ne peut circonscrire, et dont l'expérience ne peut se faire que par un dépassement mental.
Le mental ne saurait donner une définition correcte de ce qui le dépasse. C'est pourquoi Bouddha nous dit:" N'essayer pas de mesurer l'incommensurable avec des paroles, pas plus que de plonger la corde de la pensée dans l'impénétrable : celui qui s'interroge se trompe, celui qui répond se trompe" ( La triple corbeille ). Saint Thomas d'Aquin lui fait écho : "Et voici le point extrême de la connaissance que l'homme peut avoir de Dieu; savoir qu'il ne peut rien connaître de Dieu".
Il y a une connaissance, née de l'expérience intérieure, dont le langage et la pensée ne peuvent rendre compte à cause de son ineffabilité. Toutes les religions, et toutes les grandes doctrines spirituelles et initiatiques, convergent vers la Connaissance de cette Réalité Ultime. L'acceptation de ce point de vue est la base de l'universalisme spirituel. Le sectaire essaye de prouver que telle ou telle définition de l'Ineffable est supérieure aux autres. Cela est vraiment stupide, car toute discussion sur l'Ineffable est vaine précisément parce qu'il est Ineffable. La seule chose importante c'est la description du chemin menant vers son expérience. Les mots doivent être utilisés à la manière d'un remède, mettant fin à la confusion, et menant vers le silence en lequel l'Ineffable est vécu. Si les mots, au lieu de mener vers la plénitude du silence intérieur aboutissent à des polémiques, des spéculations, ou des études interminables, ils sont pédagogiquement néfastes. Evitez de tomber dans le piège des mots, et goûter le silence de celui qui sait.




14 - Perspective dite du non agir

Demeurer conscient de l'Etre c'est rester en Eveil. Il faut d'abord découvrir l'Eveil, puis travailler par le rappel intérieur à instaurer un état d'Eveil permanent, demeurant inaltérable en toutes circonstances. Ceci est la base de la discipline initiatique, sur l'accomplissement quotidien de laquelle repose la réalisation spirituelle.
L'Eveil dans l'action s'opère par un rassemblement de l'attention sur ce qui est accompli. Lorsque vous vous absorbez entièrement dans l'activité, il n'y a plus d'activité agréable ou désagréable, les appréciations de l'ego ont disparu, vous êtes entièrement ce que vous faîtes. Silence intérieur, paix, énergie sont ressentis. Vous constatez que le vide et le plein s'interpénètrent. Plus cette concentration sur l'action est parfaite, plus elle exclut les pensées parasites inutiles; et plus il est aisé de percevoir à l'arrière plan du mental le vide éternel de votre transcendance.
Vous êtes ainsi peu à peu amené à comprendre qu'a chaque instant, au sein de n'importe quelle activité accomplie par l'homme, vous demeurez inagissant, en l'immuabilité de votre Paix inaltérable.




15 - Perspective dite des apparences phénoménales

Pour l'homme le monde est une réalité objective, car il a le même degré de réalité que ce qui l'entoure. Mais pour la conscience c'est une simple rêverie. Regardez autour de vous, et réalisez que vous ne connaissez rien hors du tissu de vos perceptions. Ce monde dit "extérieur", n'est qu'une suite cohérente de perceptions dépourvues de toute réalité profonde. C'est un mirage, une hallucination. Ne comprenez pas cela, sentez-le. Le regard que vous posez sur les choses s'en trouvera radicalement modifié.
Remémorez-vous très succinctement, l'ensemble des perceptions qui depuis le début de cette vie se sont enchaînées, jusqu'à produire ce qui est perçu en l'instant même. Réalisez qu'il ne s'agit que d'un rêve, dont chaque journée est un épisode.

Ayant provoqué en vous la sensation du rêve, prenez l'habitude de conserver cette perception dans la vie quotidienne. Vivez de jour en jour, d'instant en instant, l'existence comme la perception d'un songe hallucinatoire. Il en résulte le summum du détachement. En effet à quoi peut-on s'accrocher lorsque le monde est vu come un phantasme qui passe ? Toutes les illusions s'écroulent et vous êtes projeté dans le vide.
C'est en cette perception qu'il y a totale liberté et indépendance, car la Conscience Témoin n'est pas insérée dans la trame de l'existence temporelle. Le mal, l'horreur et la souffrance, n'existent que pour la conscience qui par identification se trouve rétrécie aux dimensions de l'homme. Vivez donc au niveau de votre véritable nature qui est Conscience Intemporelle. Devenez libre !

L'Etre crée le monde en le pensant. Ce que vous percevez n'est qu'un fragment de cette immense méditation. Qui se sent exister en tant qu'Etre pur, assiste à la continuelle création du monde. il voit que l'univers est un songe construit sur le vide. Au sein des Abîmes du sans forme, la Pensée Cosmique s'élance et engendre la mouvance phénoménale. Alors en l'unique Conscience transcendante apparaît une multiplicité de foyers de perception localisés, dont l'homme est un exemple.
Le monde vous apparaît comme le jeu de l'Eternel. Ce jeu qui de jour en jour est le vôtre.




16 - Perspective dite de l'émerveillement

Les yeux fermés entrez dans le vide et le silence sans fin de l'Etre. Cheminez dans l'incommensurable puis demeurez en lui. Goûtez abondamment sa saveur. Lorsque votre contemplation s'achève repensez au monde. Suscitez en vous l'envie, la curiosité de revoir son étrangeté, alors revenant doucement vers lui ouvrez lentement les yeux. Regardez ce qui se trouve devant vous avec une conscience intense.
Vous êtes ébloui par la chatoyance des formes et des couleurs. Vous venez de l'absence totale de tout, et la beauté du monde vous frappe. C'est l'émerveillement du contraire pour son contraire. L'émerveillement du vide pour le plein, du sans forme de l'intemporel pour le temporel.
La vie et sa fantasmagorie phénoménale devient alors un délice et une extase perpétuelle. Vous aimez le monde comme l'homme aime la femme. Qui sait cela possède la joie.



17 - Perspective dite de l'unité avec le tout

Réfléchissez au fait que tout ce que vous percevez intérieurement et extérieurement est la manifestation d'une même Réalité. Réalité suprême que l'on appelle Dieu, qui en son état de non-Manifestation engendre tout ce qui existe. Ayant réfléchi à cela regardez autour de vous et dites-vous que :"tout est la Manifestation de Dieu". Demeurez ainsi en regardant attentivement autour de vous, et en constatant que la compréhension : "Ceci est la Manifestation de Dieu", donne une tonalité et une résonnance intérieure différentes à vos perceptions.
Vivre quotidiennement cette compréhension c'est transfigurer son existence. Mais il faut aller plus loin, en cessant de vous concevoir comme une réalité séparée de Dieu; car si Dieu est le Tout vous ne pouvez être séparé de ce Tout. Ce corps et ce mental sont une manifestation de Dieu. Cette conscience est une parcelle de la Conscience infinie. Vous êtes indissociable de Dieu en ses aspects Manifestés et non Manifestés. Vous êtes indissociable de ce qu'en cet instant même vous percevez. Arrêtez-vous quelques instants, regardez ce qui vous entoure et cherchez à sentir votre unité avec le perçu. Comprenez et sentez, que vous êtes à la fois la Conscience intemporelle présente en chaque forme de vie; et la multiplicité des perceptions dont la trame universelle forme le songe hallucinatoire du cosmos. Vivre cela c'est se reconnaître en toutes choses. Dès lors l'homme que vous n'êtes pas au sens limitatif, se trouve inclus dans votre réalité englobante. il n'y a plus personne, ni plus rien de ce qui existe dans le monde qui soit séparé de vous. Toute chose résonne en vous et vous êtes en toute chose. L’unité avec le Tout est vécue. il en résulte la saveur d'une compréhension qui modifie radicalement le regard que vous portez sur le monde. il en résulte une compassion active vis-à-vis de toutes les souffrances. il en résulte une plénitude dynamique qui vous pousse à l'action.



18 - Perspective dite de la dévotion

La quête initiatique aboutit à la connaissance de Dieu, en qui vous voyez l'Etre unique et éternel dont vous êtes indissociable. Vous avez deux faces, vous êtes Lui au niveau de l'essence, et vous êtes l'homme au niveau de la manifestation.
C'est pourquoi la dévotion et la Connaissance ne s'excluent pas. La dévotion mène à la Connaissance, et la Connaissance peut s'accompagner de dévotion.

Demeurant présent en l'homme, élevez vos sentiments vers la Présence informelle du Divin. C'est une pure oraison d'amour qui ne demande rien, et trouve sa récompense dans sa propre démarche. Percevez ou représentez-vous la présence de l'immensité informelle qui vous entoure. Comprenez que vous êtes assis au sein de l'infini. Comprenez que cet infini n'est pas un espace mort, mais une réalité vivante, une présence consciente. Réalisez que le vide conscient du sans limite, est le seigneur révélé en toute religion. Ne donnez aucune forme, aucun attribut symbolique au Seigneur. Appréhendez-le simplement en tant qu'immensité incommensurable, informelle et omniprésente. Vous étant de la sorte mis en présence de Dieu, effusez vos sentiments d'amour vers lui. Que votre amour se perde en son infinitude. Que votre amour pour Lui grandisse et devienne une passion dévorante. Suppliez le de vous donnez la grâce de l'aimer toujours davantage, et de ne jamais l'oublier ne fusse qu'un instant.

Lorsqu'en chaque journée s'installe une relation amoureuse entre Dieu et son serviteur, la vie humaine est illuminée.



19 - Perspective dite de la soumission

Une dialectique s'établit entre l'Essence et la manifestation, entre Dieu et l'homme. La vie n'est plus ressentie comme le fruit d'un hasard aveugle. Vous percevez qu'au travers de chaque événement Dieu enseigne, et exerce sur l'homme une pédagogie formatrice. La signification du vécu apparaît clairement.
Les épreuves de la vie ne sont plus des "malchances" mais des tests, en lesquels Dieu vous permet de renforcer votre dépouillement et votre détermination. Vous dites "que sa Volonté soit faite", et vous savez qu'en toutes choses sa volonté s'accomplit.
Demeurant dans un etat de soumission et de réceptivité intérieure vis-à-vis de Dieu, vous êtes inspiré et guidé par sa grâce.
La soumission est passive vis-à-vis de ce que le destin, expression du Vouloir Divin, vous impose. La soumission est active vis-à-vis de l'accomplissement des Œuvres que vous désigne la conscience morale. Par la conscience morale, Dieu vous inspire, et fait de vous, en tant qu'homme, un instrument de Sa volonté qui œuvre dans le monde.



20 - Perspective dite de l'épanouissement du coeur

Toute perfection demeure potentiellement dans le vide du non manifesté. C'est pourquoi par l'union mystique, l'homme devient le réceptacle, et le lieu de manifestation des qualités Divines. Plus vous demeurez intérieurement fondu en l'Etre transcendant, plus l'amour vous emplit. C'est un flot ininterrompu d'amour qui se déverse en vous et qui s'épanche vers la création.
Apprenez à ouvrir les portes de votre cœur : regardez attentivement un homme, en gardant l'esprit vide et réceptif; Sans juger ou réagir mentalement. il en résultera une compréhension profonde de sa personnalité. Dans la compréhension, la perception de ce qui est beau. Dans la compréhension, la compassion pour ce qui est négatif. Avec la compréhension, l'amour. Réformez le regard que vous posez sur les gens, et l'amour vous sera aussi naturel que la respiration. Cet art subtil est indispensable si l'on veut que l'amour universel quitte le domaine des mots et deviennent une réalité vécue.
Dans l'attention, la lucidité, et le silence du mental l'amour jaillit. C'est une source pure qui s'exprime pour le plaisir d'aimer et n'attend rien en retour. tel est le secret de l'amour. La vie se transfigure dans l'amour quotidien des objets, des plantes, de la nature toute entière, des animaux et des hommes. il faut travailler à introduire systématiquement l'amour au sein de chaque journée.




21 - Perspective dite de l'amour

L'Etre unique et Eternel se manifeste sous la forme de la femme, de l'homme, de l'enfant, du vieillard et de l'ami. C'est lui, et Lui seul que vous devez aimer, au travers des individualités avec qui vous entretenez des rapports privilégiés, et qui ne font que détenir quelques parcelles de sa beauté.
N'aimant que l'éternel, vos sentiments cesseront de se fixer et de s'enliser en telle ou telle individualité. Vous aimerez toujours, mais jamais vous ne pourrez être séparé de l'objet de votre amour. Ce sera un amour universel, dépourvu des mesquineries de l'attachement. Un amour libre et fort, qui appréhendera l'Eternel au travers des formes de vie transitoires.
Regardez les gens qui vous entourent, et comprenez que tout ce que vous pouvez aimez en eux est une manifestation du Seigneur. Aimez-les sans vous arrêter à leur individualité. Ne les aimez pas pour eux-mêmes, aimez le Seigneur au travers d'eux. Apprenez à aimer l'Unique derrière les apparences du multiple. Pensez à tous les gens que vous avez aimés et que vous aimez encore maintenant. Comprenez et sentez qu'en eux tous, vous avez appréhendé et aimé la même Réalité. Au sein de votre vie quotidienne, réformez peu à peu vos sentiments, et en tous rapports humains apprenez à n'aimer que Dieu seul.



22 - Perspective dite de la sacralisation humaine

Il faut percevoir l'indépendance de la conscience vis-à-vis du corps, mais il faut aussi illuminer le corps par la descente de la Conscience en lui. Par la présence de la Conscience dans le corps, se produit une harmonisation entre le moi végétatif et le moi cérébral, la vitalisation et la joie corporelle.

Plus la Conscience descend dans le corps, plus elle y réveille des zones énergétiques profondes. A l'instant même, constatez que la Conscience peut imprégner la totalité du corps. Elle peut se diffuser en lui et devenir présente dans tous ses membres. Faire cela régulièrement c'est sentir le corps se dynamiser. Vivre avec le corps c'est vivre en l'imprégnant de conscience. Dès lors le corps avec lequel nous ne nous confondons plus, est pour nous un lieu de béatitude. La quotidienneté de la vie corporelle devient une jouissance et une fête. Manger, se laver, se promener, deviennent des actes grandioses, des sources de plénitude, des actes sacrés, des extases de communion Cosmique.


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PRISES DE POSITIONS




Tout enseignement, tout mouvement spirituel, repose sur un ensemble d'idées forces et de prises de positions fondamentales qui le caractérise, et qui sous-tendent son expression et sa démarche. Nous allons commencer par exposer succinctement celles qui sont propres à la Maïeutique Transcendante.





1 - Position dite de l'universalisme

"C'est seulement pour Te faire connaître en tant qu'Etre et Conscience, que tu résides dans différentes religions, sous des noms et des formes différentes"
(Ramana Maharshi - Sri Arunachala Ashtakem)


La Maïeutique fait de l'universalisme un postulat de base. Pour elle toutes les religions sont des expressions différentes de la même vérité. Toute autre déclaration, quels que soient les arguments avancés, n'est qu'une manifestation de sectarisme.
Les querelles théologiques sont des jeux d'enfants ignorants, chacun percevant un aspect de la Réalité, et croyant que cet aspect exclut les autres.
En chaque religion il y a une démarche vers la Connaissance et la Réalité Suprême. Lorsqu'un individu parvient à éveiller son esprit à la perception de cette ineffable Réalité, il interprète son expérience en fonction de ses croyances et de sa culture. La Maïeutique se situe au-delà des dénominations et des conceptualisations, dont les esprits dogmatiques enrobent la Réalité Suprême. Son enseignement qui n'est en désaccord avec l'ultime d'aucune religion, n'incite à personne à abandonner la forme de spiritualité à laquelle il a adhéré. S'il n'est pas nécessaire de se rattacher à une religion particulière pour le recevoir, il se présente pour ceux qui se situent dans le contexte d'une structure traditionnelle, comme une méthode qui leur permettre d'aller au fond de la question religieuse. Par son assimilation, ils seront amenés à vivre l'essence même de leur religion.
A la civilisation planétaire qui s'édifie peu à peu doit correspondre une spiritualité planétaire. Il faut dépasser l'enclos des bercails et préparer les aubes de l'avenir.
Une synthèse spirituelle aussi vaste que possible nécessite l'épuration de tout ce qui n'a pas de valeur universelle et n'est que l'expression d'un particularisme culturel, rituel ou coutumier. Le rejet de toutes les déformations, perversions et scléroses qui ont proliféré à partir ou à l'encontre de Doctrines vénérables, révélées par Dieu aux hommes. Ainsi que la résolution dans la perspective Esotérique, des différentes polémiques et contradictions entre les doctrines. Contradictions apparentes qui ne sont que la conséquence d'incompréhensions mutuelles. Une telle synthèse se situant au niveau du vécu intérieur de l'Esotérisme, n'a rien à voir avec les formes extérieures de spiritualité et de la religion. De par ce fait elle ne peut être confondue avec une espèce quelconque de syncrétisme.




2 - Position dite de l'enracinement traditionnel

"A lui qui enseigne par l'injonction Védique :" Cela tu l'es", ceux qui s'en remettent à Lui. A lui qui possède la forme parfaite de l'instructeur, au bienheureux Dakshinâmûrti, j'offre mon obéissance."
(Shankara, Dakshinâmûrti - Stotra)

Les védas indous, transmis oralement pendant de nombreux siècles avant d'être confiés à l'écriture, sont des textes sacrés, révélés aux hommes dès l'aurore de l'humanité. La conclusion et l'exégèse des Védas constitue en Inde ce qu'on appelle la tradition Védantique. La maïeutique se déclare Héritière de la tradition Vedantique, et de l'ensemble de la Tradition Hindoue. A cette Tradition elle doit tout, et son but est de la transmettre, Mutatis Mutandis. Le Sat-Guru a qui elle doit son impulsion et sa capacité salvatrice est Sri Bhagavan Râmana Maharshi.
Toute tradition doit, sous peine de sclérose, se transmettre Mutatis Mutandis. C'est donc mutatis mutandis, (en changeant ce qui doit être changé, en raison des modifications du contexte social et historique) que la Maïeutique Transcendante se donne pour tâche de transmettre la Vérité Védantique. Il n'est donc pas question de proposer aux gens de s'indouaniser. Assimiler le message d'une Tradition ce n'est pas adopter un ensemble d'attitudes extérieures. La vraie transmission n'est pas conservation exacte et figée, elle implique un nouveau façonnage de la formulation. La vraie fidélité est dans l'esprit, non dans la forme.



3 - Position dite de l'Esoterisme


"Chaque être renferme en lui-meme la totalité du monde intelligible"
(Plotin )

Au travers de la multiplicité des traditions, des Doctrines et des Religions, une même Vérité Esotérique est enseignée. C'est à cette Voie Esotérique et Universelle que se propose d'initier l'Enseignement de la Maïeutique Transcendante. La réalisation spirituelle que la Maïeutique a pour but d'atteindre libère l'homme de son emprisonnement psychologique dans la condition humaine, pour lui permettre d'accéder à l'état d'Eveil. En cet Eveil la Réalité Suprême est pour chacun l'objet d'une expérience intérieure illuminatrice, dans laquelle la conscience individuelle fusionne avec l'Eternité ineffable de la Transcendance.
Cette Transcendance a été appelée Dieu en Occident, Brahman en Inde, Tao en Chine, Nirvâna par les Bouddhistes...tous ces termes et bien d'autres désignent une même et unique Réalité qu'aucun mot ne peut décrire. Réalité présente en chaque homme. Son enseignement se situant au niveau Esotérique l'aboutissement du travail intérieur qu'elle propose est identique à la finalité du Bouddhisme, du Taoïsme chinois, de la Cabbale Hébraïque, de la mystique chrétienne, du soufisme Musulman, et de toutes les grandes Doctrines.
Par un processus d'introspection l'adepte de la Maïeutique découvre que sa propre conscience est le témoin du monde, du corps physique, et de l'activité du mental. Cette pure conscience Témoin, vide de contenu, immatérielle et intemporelle, qu'il considère désormais comme étant son être propre, c'est l'Atman de la Tradition hindoue. C'est l'âme spirituelle, parcelle de Dieu qui est pur Esprit dans la tradition occidentale. En approfondissant son introspection notre adepte constate que sa conscience témoin est Une avec la Conscience Divine, et avec la Conscience Cosmique.
Grâce à une pratique assidue il devient capable de fusionner avec le Vide sublime, le silence bienheureux, et la Lumière informelle, de l'Eternelle et immuable Réalité Transcendante. tandis que par ailleurs il perçoit son Unité avec l'Energie Cosmique engendrant toutes les manifestation phénoménales. Sentiment d'unité qui est la racine de l'Amour Universel.

En terme Hindoue l'immersion de la conscience individuelle dans la conscience Divine, c'est la découverte de l'identité profonde, notre Soi, est Dieu lui-même. Cette identité profonde, demeure au delà de l'homme, en ses aspects physiques et psychiques. Vivre la Connaissance Gnostique de notre identité profonde, c'est être délivré de l'emprisonnement en la temporalité.
La mystique, c'est la relation qui s'établit entre Dieu et l'homme. relation d'amour, de dévotion, de soumission, en laquelle l'homme devient serviteur de Dieu, et participe à la rédemption générale du cosmos. Mystique et Gnose sont complémentaires. Par la Gnose nous connaissons notre Essence éternelle; par la Mystique nous transfigurons l'individualité humaine. Une Réalisation intégrale englobe ces deux niveaux. Quand à l'action qui nous fait accomplir les Œuvres, elle découle de l'Amour. C'est par l'Amour de Dieu, présent en tous les êtres, que nous travaillons à manifester ici-bas la Lumière Divine. C'est l'Amour de Dieu qui se manifeste en nous, et qui nous pousse à accomplir les œuvres, que sa grâce son inspiration et sa guidance nous désignent. Au niveau de l'Esotérisme, c'est à dire au niveau des rites, des coutumes, des mythologies et des dogmes, les différentes religions apparaissent très dissemblables. Par contre, au niveau de l'Esotérisme, c'est à dire des aboutissements théologiques, des expériences mystiques, des méthodes contemplatives et des disciplines initiatiques, une unité profonde et sous jacente à la diversité des formulations peut être dégagée, entre les traditions tant orientales qu'occidentales.

La diversité Esotérique apparaît comme la conséquence des contextes culturels et historiques, au sein desquels les traditions ont vu le jour et se sont développées. Ainsi nous pouvons constater qu'au travers de la multiplicité exotérique des traditions, des doctrines et des sectes, une même Unique et Universelle Vérité Esotérique est enseignée aux hommes.
Le développement de la technologie des moyens de communication, engendre une inter fusion culturelle à l'échelle planétaire. De ce fait, les spécificités traditionnelles en matière de spiritualité sont d'ores et déjà virtuellement dépassées. Il faut donc orienter la recherche intérieure vers le noyau central de la spiritualité humaine. Noyau central qui, en son ésotérisme, est commun à toutes les traditions. C'est pourquoi, délaissant la pesanteur et les méandres des structures exotériques de la spiritualité, l'enseignement de la Maïeutique s'attache à l'essentiel. Cet essentiel qui est Universel, et dont la connaissance est affaire d'expérience intérieure directe. Il est possible de démontrer, par un ensemble de référence comparatives, l'unité Esotérique des différentes religions et grandes doctrines. A la lueur de cette étude comparative, il apparaît clairement que toutes les Mystiques et toutes les Sagesses aboutissent à cette fusion transcendantale, vers laquelle la Maïeutique a pour but d'acheminer.

Ainsi dans la Tradition Hébraïque de la cabale, la Rédemption a pour objet de réaliser l'unité entre la transcendance et l'immanence de Dieu, entre la Shechina et kaddosh - Barouch - Hou :" chaque acte, chaque accomplissement d'une loi provoquant un fragment de cette Unification. Proclamer l'Unité de Dieu ?- Le juif appelle cela : Unifier Dieu. Car cette Unité est dans la mesure où elle devient, elle est devenir d'Unité. Et ce devenir est placé dans l'âme et dans les mains de l'homme" - ( Franz Rosenzweig - l'étoile de la rédemption ) et Moise Cordovero dit :" Tout ce qui existe est enveloppé de sa substance. Il enveloppe tout être, mais non pas sur le plan de l'existence inférieure, séparée - dans le fait de la substance. Lui et les choses sont un : les choses ne sont ni séparées, ni multiples, ni extérieurement visibles. En tant que substance elles sont présentes dans ses sephirot et lui est ainsi chaque chose, rien n'existe en dehors de lui" ( Shiour coma - 40).
Celui qui a accompli sa réalisation spirituelle dit à la suite du Christ :" Je suis dans le Père et le Père est en moi" ( Evangile selon Saint Jean 14-11) -"Le Père qui demeure en moi accomplit les Œuvres" (idem 14-10). Cette expérience de l'unité constitue le sommet du message chrétien :" Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est Christ qui vit en moi " (Saint Paul galates 4-7 ) " L'âme devient Dieu par une participation à sa nature et à ses attributs" (Saint Jean de la croix- Vive flamme d'amour , 3) " L'homme image de Dieu, devient Dieu par la déification, il jouit pleinement de l'abandon, de tout ce qui lui appartient par nature parce que la grâce de l'esprit triomphe en lui et parce que Dieu manifestement, agit en lui' ( Ambigua, patrologie grecque 91 - 10 76 BC) Ceci est possible car :" le royaume de Dieu est au dedans de vous " (Evangile selon Saint Luc 17-21)" Royaume de Dieu est mon fond, et mon fond est le fond de Dieu " (Maître Eckhard sermon in hoc appruit carites dei in nobis) " où prend fin la créature, Dieu commence à être. Or Dieu n'exige pas plus de toi que de sortir de toi-même selon ton mode d'être de créature, et de laisser Dieu être Dieu en toi " (Maître Eckhard - idem).

Dans les paroles de Soufis Musulmans nous trouvons la même expérience de l'unité :" Sans Lui comme principe actif et sans nous comme réceptacle de Son acte rien n'existerait. Je l'adore en vérité; et Dieu est notre Maître. Mais je suis Lui-même". " Sois à la fois Dieu en ton essence et créature par ta forme, et tu seras par Dieu le dispensateur de sa miséricorde" (Muhyi -d- dîn - ibn' Arabi - la sagesse des prophètes). " Mon âme n'est pas autre chose que vous-même, ma croyance c'est que vous êtes moi " -( Abûl Hasan'Ali Museffar Sibtî).
Dans le Vedanta Hindou le Sage spirituellement réalisé s'exprime de la sorte : " Je suis Celui qui est immanent de tous" - (Atmâ Sakshatkara-4) " Tout ce qui est vu ou entendu dans l'univers tant à l'intérieur qu'a l'extérieur est pénétré par Moi" -(idem-11) " Je ne suis ni l'esprit ni l'intellect ni la pensée ni le sens du moi. Je ne suis ni l'ouïe ni le goût ni l'odorat ni la vue. je ne suis ni l'espace ni la terre ni les feu ni l'air. Je suis intelligence et Félicité pures. Je suis Civa, je suis Civa" -(Shankara- six Stances sur le Nirvâna) " Je suis conscience éternelle, dissociée du mental et des sens " -(Hastâmalaka stotra -7) " Je ne suis pas le souffle vital, ni le mental, mais pur Etre" (Shankara - Atmâ - Boddha 33) " Ce qui demeure éternel, pur, toujours libre, seul, toujours en béatitude, sans dualité, Etre - Conscience, Béatitude, de même Brahman transcendant c'est Moi-même (Shankara idem - 36).
Cette transcendance se trouve au-delà de toutes catégories, y compris celles de l'existence et de la non existence des formes de vie. Bouddha définit ainsi le Nirvanâ : " L'incomposé, (...) le difficile à voir, l'inébranlable, le non courbé, l'immortel, le pur, le refuge, l'île, le gué, le support, la protection, celui qui ne transmigre pas, le non enflammé, le non brûlé, l'omniprésent, le trés pur, le subtil, le paisible, le sans affliction, le non venu à l'existence " (Samyukta- âgama -sutra n°890) et dans la tradition Védantique nous trouvons l'affirmation suivante : "Le transcendant est le Suprême, et il est aussi le Nirvanâ " (Atmâ Sakshatkra - 19)

Le Nirvâna c'est le Dieu Indescriptible et totalement ineffable de la théologie négative. Or le Nirvâna et le Samsara (Le Cosmos) sont un. De qui est annihilé dans le Nirvâna, c'est l'individualité et les modes identifiés de la conscience, que sont les consciences mentales et sensorielles. Réaliser en soi la transcendance du Nirvâna c'est trouver notre nature du Bouddha : "Apprendre le Zen, c'est nous trouver, nous trouver c'est nous oublier, c'est trouver la nature du Bouddha, notre nature originelle" (Maître Dogen) "Le silence est notre nature profonde. Silencieuse, la conscience éternelle continue, en deçà de notre naissance, au-delà de notre mort" (Maître Taisen Deshimaru - la pratique du Zen). "Même si notre esprit est petit, il contient l'illimité" (Maître Setiko). "Mon corps est, dans son essence, universel. Aussi j'existe en toi et tu existes en moi, en mon corps et en mon esprit" (Maître Taisen Deshimaru. Histoire de Gobuki. La pratique du Zen).

La possibilité réalisatrice de la transcendance se retrouve dans toutes tradition authentique, c'est ainsi que nous lisons dans le Tao To King : "Le Tao est (...) pareil à un gouffre origine de toutes choses du monde" (4) - "Le Tao lui-même n'agit pas, et pourtant tout se fait par lui" (37). "Le Tao est le fond secret et commun de tous les êtres"(62). "qui est céleste fera un avec le Tao"-(16) Et dans le livre des morts des anciens égyptiens : "Viens donc, O Dieu! Fais de moi un Esprit de la cour Divine! Car, en vérité : je suis Toi. (Chapitre 162) "Je suis Osiris le Premier-né des Dieux. Je suis Osiris Maître des sources Premières de vie" (Chapitre 68). Il est possible d'additionner indéfiniment les citations montrant l'unité des traditions car, comme l'affirme le Rig - Véda :" La Vérité est une mais les Sages lui ont donné des noms différents". (l164, 46).

La Maïeutique Transcendante a pour rôle d'enseigner ce qui forme le substratum Esotérique des toutes les religions et Traditions; c'est donc en vain que l'on chercherait en elle quoique ce soit d'original. Aucun enseignement authentiquement Esotérique ne peut être la création d'une individualité. Tout a été dit depuis longtemps. La seule chose à faire, c'est de donner à l'éternel Enseignement une forme Adaptée au contexte de l'époque en laquelle il se perpétue.
La doctrine Esotérique qui est sous-jacente à toutes les formulations religieuses, est d'une cohérence parfaite. En elle chaque chose trouve sa place. Les pourquoi disparaissent, et l'esprit comprend qu'une intelligence suprême ordonne l'univers. Tout à raison d'être et une finalité. Pour celui qui parvient à cette compréhension globale le tut de la vie humaine apparaît clairement. Il reste à l'obtenir, et ceci est affaire non plus de compréhension philosophique, mais de pratique et d'efforts quotidiens.
S'il est intéressant et nécessaire de répondre aux interrogations philosophique, cela ne saurait constituer une fin en soi dans l'optique initiatique. Les connaissances que l'on peut récolter sur la Réalité Divine ne sont que des papillons morts, si elles ne sont pas vécues. La Réalisation spirituelle ne résulte pas d'un enrichissement du mental, mais du dépassement de celui-ci. C'est dans l'inexprimable contemplation silencieuse, qui est extinction de la pensée, que surgit la véritable illumination.
En fait, il n'y à rien à réaliser, si l'on entend par là obtenir quelque chose de nouveau. Il suffit de dissiper l'ignorance pour que la vérité apparaisse. Il n'y a qu'un Etre unique et éternel, hors duquel rien ne saurait exister. Nous avons toujours été l'Etre Divin. Cet Etre Divin est notre identité véritable, notre Soi. C'est en prenant conscience de notre union avec Dieu que nous la rendons effective. Ramana Maharshi disait :" La conscience n'est jamais autre chose que la conscience du Soi. En étant conscient de quelque chose, vous êtes essentiellement conscient de vous-même." (L'évangile de Ramana Maharshi -92) "C'est pourquoi, je vous déclare, sachez que vous êtes réellement l'Etre pur, infini, le soi absolu. Vous êtes toujours le Soi, et uniquement lui".(idem 80) La réalisation n'est pas quelque chose qu'il faille obtenir; elle est déjà là. Ce qu'il faut faire, c'est rejeter l'idée:" Je n'ai pas réalisé".(idem 58) En réalité vous êtes ignorant de votre état bienheureux. Cette ignorance vous domine et tire un voile sur le Soi pur qui est béatitude. Vos efforts doivent être uniquement dirigés vers l'élimination de ce voile qui est l'identification de Soi avec le corps, le mental, etc...C'est elle qui doit disparaître, pour laisser la place au Soi"(idem 59).


"Le but de la pratique spirituelle est la suppression de l'ignorance et non pas l'acquisition de la Réalité. la Réalisation existe depuis toujours, ici même, en ce moment-ci"
(L'enseignement de Ramana Maharshi - dialogue n°315)






4 - Position dite de la discipline

"Haut comme une montagne, long de mille lieues, le péché accumulé la vie durant ! Seule peut le détruire la pratique de la méditation : il n'est point d'autre moyen". 
(Dhyânabindu - Upanisad - 1)


L'enseignement n'est pas un édifice spéculatif, il propose une méthode et une discipline composées d'un ensemble de prises de conscience, d'introspection et de techniques de méditation. Toute la valeur de l'Enseignement et de l'initiation réside dans le fait qu'il ne s'agit pas de vous communiquer une compréhension intellectuelle, mais de vous donner des moyens pratiques afin de vous permettre d'une manière concrète, de vous acheminer vers une expérience transformatrice et illuminatrice, d'ou découle la véritable connaissance métaphysique, qui est une Connaissance vécue.
Toute connaissance vient de l'expérience. Toute science repose sur une base d'expérience. La spiritualité, en son aspect Esotérique, est également une connaissance qui repose sur l'expérience, et sur les moyens menant à l'expérience. Ces moyens ce sont les disciplines, à l'art de la méditation revient la première place.

Les religions, qui représentent l'aspect ésotérique de la spiritualité, ne reposent pas sur l'expérience, mais sur la foi et la croyance. Avec la prédominance de l'esprit positiviste et pragmatique qui caractérise les temps modernes, le nombre de personnes qui pensent :"Les religions ne sont qu'un fatras de croyances invérifiables, dans lesquelles chacun pêche ses idées favorites, exprime ses préjugés et ses fantasmes", atteint des proportions croissantes. Les religions traditionnelles sont en crise car elles n'ont pas suivi l'évolution culturelle. Leurs dogmes et leurs catéchismes enfantins ne conviennent plus aux esprits modernes. Ceci est un signe des temps, et l'avenir ne réside pas dans la restauration de l'ancien ordre des choses, mais dans le passage à un niveau supérieur de compréhension. Dans notre âge noir de confusion spirituelle, se développent les germes du futur âge d'or. Si les formes exotériques sont devenues caduques, cela indique que désormais c'est sur l'Esotérisme, et sur les disciplines qui lui sont afférentes, que se construira la nouvelle spiritualité des temps futurs.

De tout cela il résulte que pour devenir initié, la simple étude théorique ne mène à rien. Il faut pratiquer une discipline Esotérique pour parvenir à la connaissance Gnostique. Sans pratique pas d'expérience, sans expérience pas de Connaissance.
La réalisation spirituelle est le fruit de la mise en œuvre d'une discipline systématique. Cette discipline contient deux versants : il y a la discipline contemplative, qui se compose d'un ensemble de techniques de méditation et d'oraison; puis il y a l'introduction au sein des activités quotidiennes, des états de conscience auxquels on a accédé en méditation. Ainsi vie active et vie contemplative sont complémentaires. Se réserver quotidiennement, un ou plusieurs moments que l'on consacrera aux pratiques contemplatives, est indispensable pour contrebalancer l'activisme excessif qui prévaut aujourd'hui. Sans une pratique sérieuse et assidue de la méditation, la connaissance risque de demeurer purement intellectuelle. Par la pratique de la méditation, la connaissance superficielle se transforme en une Connaissance profonde, une Connaissance vécue et libératrice.
En la méditation nous parvenons à la parfaite contemplation de la Transcendance Divine, et à l'immersion en elle. C'est le Samâdhi. Cependant la spiritualité ne peut s'enfermer dans des moments de recueillement, fussent t'ils subliment. D'autre part, l'usage des techniques méditatives ne doit pas avoir pour objet la recherche d'une fuite définitive dans la Transcendance. Une telle fuite est le fruit d'une compréhension incomplète, car la Transcendance et le Cosmos sont les deux aspects de l'unique Réalité Divine. Dans la méditation nous nous immergeons dans l'abîme de l'immuabilité Transcendante de Dieu; et dans l'action nous fusionnons avec la Manifestation cosmique de Dieu. Ainsi que le dit Ramana Maharshi: 

"Le mental d'un Réalisé peut être actif ou inactif, chez lui le Soi existe seul car le mental, le corps, et le monde ne sont pas séparés du Soi. Ils ne peuvent demeurer en dehors du Soi"
(Evangile de Ramana Maharshi - 45)





5 - Position dite de la participation au social


"Je ne pouvais pas vivre une vie religieuse sans m'identifier avec l'ensemble de l'humanité et cela, je ne pouvais le faire sans me mêler à la politique"
(Mahâtma Gandhi, Non violence in Peace and War-l -170,171)

L'enseignement de la Maïeutique est totalement apolitique. Son but est d'ouvrir la Voie et la Transcendance, et non de se préoccuper des contingences sociales. Il ne saurait être question pour un initiateur de prendre parti, de prôner telle ou telle adhésion ou refus politique dans le contexte de son enseignement. L'engagement politique d'un initiateur est une affaire privée, et aucune allusion à ce sujet n'a sa place dans l'enseignement initiatique.
Cette attitude apolitique a pour but de maintenir l'enseignement libre de toute attache et compromission politique. La politique est un domaine trop relatif, pour qu'une prise de position soit compatible avec l'enseignement du Sentier de la Transcendance.
L'engagement politique relève du domaine des contingences temporelles et de leur appréciation; appréciation qui ne saurait être exempte d'un certain relativisme subjectif. Mélanger des considérations politiques, avec la pérennité intemporelle, et la dignité supra-humaine d'un enseignement Esotérique, constitue une des plus néfastes perversions de la visée initiatique. Perversion entérinée par tous ceux qui rêvent d'une forme quelconque de Théocratie, ou de collusion entre l'autorité spirituelle et temporelle.

"Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu"
(Evangile selon Saint-marc -12-17)


Tout ceci ne signifie pas que la Maïeutique Transcendante incite à démissionner devant les réalité politiques et sociales; ainsi que l'ont fait certains enseignements qui proposaient de s'isoler du monde, et de se réfugier dans une tour d'ivoire. Au contraire, elle invite chacun à contribuer librement à l'amélioration de leurs conditions de vie. La participation au social est d'ailleurs une des conséquences de la pleine et harmonieuse acceptation du monde. Il est donc proposé à chacun de devenir, selon le libre choix de sa conscience, un ferment de la pâte collective.

La mise en œuvre au sein de notre vie de la Maïeutique Transcendante ne nécessite aucune mortification ascétique, aucun retrait hors du monde. C'est à l'homme moderne, intégré dans la société et plongé dans la vie active que s'adresse son enseignement.
Pour une spiritualité intégrale, l'acceptation joyeuse du monde et de la vie humaine, en tous ses aspects, s'accompagne du détachement profond de celui qui n'est plus lié par l'identification, à ce que l'homme accomplit et à ce quoi il participe.

Aucune modification dans l'existence sociale et familiale n'est requise pour réaliser la Vérité qui vous habite. Les circonstances où vous vous trouvez sont la résultante de votre destin, et c'est en votre destin que se trouve la Voie menant à la Réalisation. Quelle erreur de croire qu'il faut devenir moine ermite ou sannyasin pour se Réaliser! Faire d'un type spécifique et exceptionnel de vocation, une prescription abusivement généralisée, telle est l'erreur prônée par certains. Croire que les conditions extérieures sont quelque chose d'important est un autre erreur fondamentale. La Réalisation spirituelle est intérieure et non extérieure. Seuls ceux qui s'identifient à l'homme s'imaginent que le mode de vie, et le cadre de vie, ont un rapport quelconque avec la réalisation. Ici ou là c'est identique. La forêt, le bureau ou l'usine, n'ont aucune influence sur votre Réalité intérieure. En matière de spiritualité tout dépend de votre etat de conscience. La vie extérieure est sans importance réelle. Qui va au bureau ou à l'usine sinon l'homme ? Pendant que l'homme agit, votre Réalité intérieure demeure inaffectée par les vicissitudes temporelles. La libération consiste donc à cesser de se prendre pour un homme, et à comprendre que l'on est la Conscience immuable et éternelle.
Il faut croire que l'on est un homme, pour ensuite s'imaginer que tel mode de vie est spirituellement nécessaire. Voici pourquoi l'ascétisme renforce l'identification à l'homme. La délivrance et le parfait détachement qui l'accompagne, sont éloignés à la fois de l'ascétisme et de la recherche avide de la jouissance. Dépasser l'homme, c'est dépasser celui qui s'attache et celui qui se prive. Votre vraie Nature ne dépend de rien. La prise de conscience de ce qui EST ne dépend de rien, et à fortiori d'aucun mode de vie.






6 - Position dite de la relation initiatique

"Seule est vivante la Connaissance qui sort des lèvres du Guru; les autres formes sont stériles, sans pouvoir, et cause de souffrance".
(Shiva Samhitâ 3-11)


Il ne saurait avoir initiation, s'il n'y a pas relation personnelle et prolongée avec un initiateur. les initiations livresques, ou par correspondance, sont à dénoncer comme des impostures. En l'absence d'un rapport personnel, il peut s'agir d'enseignement valable se rapportant à ceci ou cela, mais en aucun cas il ne peut être question d'une initiation, au sens Esotérique du terme. L'initiation Esotérique ne peut s'effectuer que dans un rapport d'esprit à esprit entre deux personnes. la nécessité du rapport individuel exclut la possibilité d'initiation réelle dispensée à des foules. Ce n'est qu'à des petits groupes de gens qu'une initiation Esotérique peut être dispensée.
La relation Initiatique est indispensable car, mises à part quelques rares exceptions, une personne seule ne parvient pas, en autodidacte, à assimiler en profondeur un processus de Réalisation spirituelle. Sa connaissance et sa compréhension ont de fortes chances de rester superficielles et intellectuelles. Pour vaincre les résistances intérieures, déjouer les pièges de l'égotisme, intérioriser dans tous les aspects de sa vie le contenu de l'enseignement; et enfin vivre d'expérience, au plus haut niveau, les illuminations d'où découles la véritable Connaissance; à l'aide de quelqu'un qui est déjà engagé sur le sentier est nécessaire.
Manque d'humilité, orgueil, amour propre exacerbé, égotisme, prétention à l'indépendance par rapport à la Tradition, refus de s'ouvrir à autrui, telles sont les raisons qui font prétendre qu'une relation initiatique n'est pas nécessaire. On rencontre même des personnes qui se prennent pour des maîtres, alors qu'ils n'ont pas réussi à devenir des disciples. Cruel risque d'être la désillusion de ceux qui s'imaginent qu'en lisant, et en étudiant ce qui a été écrit sur la Maïeutique, ils s'initieront à cette dernière.

Le moteur de l'initiation, c'est le processus de transfert spirituel qui s'établit entre l'instructeur et l'élève. Il ne s'agit pas seulement de la réception d'un ensemble de notions, mais également et surtout, de l'échange qui s'effectue au-delà des mots.
Les manifestation de l'influence spirituelle transmise, loin de se limiter aux seules séances d'enseignement, imprègnent et exercent leur action sur la vie entière de l'élève, en l'aidant à briser les cloisonnements intérieurs qui l'emprisonnent, et l'empêchent d'accéder à l'Eveil libérateur. Le rapport initiatique bien compris exclut toute espèce de culte de la personnalité de l'instructeur. Dénonçons donc la supercherie de nombreux escrocs, mythomanes et faux illuminés, qui se font passer pour des "Dieux vivants" auprès de chercheurs crédules.
Un maître authentique n'enseigne pas pour se pavaner ou se faire adorer. Son but n'est pas de faire adorer le Divin qui est en lui, mais d'aider les disciples à trouver le Divin qui est en eux. En Maïeutique Transcendante, il n'est absolument pas question de se soumettre béatement à un "Maître". Initiateurs et initiatrices ne prétendent d'ailleurs pas à cette dignité. Ils se considèrent comme de simples guides, introduisant les aspirants sur le chemin, et la pratique menant à la Connaissance du Maître intérieur, c'est-à-dire Dieu.
Un guide spirituel authentique ne se place sur aucun piédestal. C'est un ami qui se contente d'indiquer le chemin. Ce qui compte c'est d'atteindre le but. Si quelqu'un vous indique la route à suivre vous pouvez le remercier brièvement, mais se prosterner devant lui, ou demeurer dans la contemplation de sa personne serait à la fois ridicule et absurde. utilisez le conseil du guide, puis marchez sans vous attarder dans la direction indiquée.

Initiateurs et initiatrices peuvent dissiper certaines incompréhensions, dire ce qu'il faut faire, remplir le rôle impersonnel d'un catalyseur pour l'Energie Divine, cependant c'est à chacun de trouver la plénitude qui l'habite. C'est vous-même qui êtes responsable de votre ignorance. C'est par vous-même que la Réalisation spirituelle sera obtenue. C'est en vous-même qu'elle se manifeste.
Le but de celui ou celle qui enseigne est d'aider l'élève à se dépouiller intérieurement, et à descendre en lui-même pour trouver sa Vérité Ultime.




7 - Position dite de la gratuité


"Je vous demande pas un salaire en retour. Mon salaire vient uniquement de Celui qui m'a crée".
(Le Coran - sourate 11- verset 53)


L'initiation à la Maïeutique Transcendante est dispensée d'une manière entièrement gratuite. Aucun enseignement authentique spirituel ne peut être vendu. La Connaissance est reçue par tous comme un don lumineux. Elle ne doit pas devenir pour des énarques une honteuse manière de "faire" de l'argent.
Il y a actuellement une grande prolifération d'association diffusant des enseignements déclarés : "spirituels" ou "initiatiques". Ces organisations possèdent souvent une infrastructure commerciale assez florissante. Or, tous les arguments essayant de justifier, l'inacceptable commercialisation du spirituel qui sévit à notre époque, sont fallacieux. Ils sont employés par des individualités qui n'ont pas compris que la gratuité découle de l'amour. Comment, celui qui n'a ni détachement, ni désintéressement, et qui veut ignorer les conséquences pratiques du don de soi-même, peut il transmettre quelque chose de spirituellement valable ?
On peut s'interroger sur les objectifs réels de certaines associations, principalement préoccupées de leur réussite temporelle. On peut également se poser des questions vis à vis de certains "Maîtres", prêchant le renoncement et le détachement et qui, grâce à leur enseignement, se trouvent dans une situation matériellement confortable. On peut innocemment s'étonner que l'amour et le désintéressement soient devenus lucratifs pour qui prétend y conduire...
La meilleure manière de se distinguer des plaisantins, des charlatans et des escrocs, ce n'est pas de faire des déclarations d'intention, mais d'agir différemment. Signalons donc qu'il n'y a aucun commercialisme dans l'enseignement de la Maïeutique Transcendante.

Ne recevant aucune rétribution directe ou indirecte pour l'enseignement qu'ils diffusent, les initiateurs doivent exercer une activité professionnelle indépendante. De ce fait, étant eux-mêmes intégrés dans la vie active, ils sont à même de guider d'une manière réaliste ceux qui sont plongés dans le même contexte.
La seule chose que l'on peut acheter en Maïeutique se sont les textes d'enseignement. C'est une manière totalement décentralisée que veut se répandre l'enseignement de la Maïeutique Transcendante.
Il y simplement un ensemble d'initiateurs et d'initiatrices, aux prérogatives égales, qui enseignent sous leur propre responsabilité, d'une manière gratuite, libre, individuelle et privée, en recevant durant leurs loisirs des petits groupes de personnes, ou des individualités séparées.

Enracinement dans la Sagesse de la Connaissance transcendante, et rayonnement de l'Amour envers tous les êtres vivants, sont les deux faces d'une Réalisation intégrale. La Réalisation individuelle n'a pas pour finalité égoïste l'accomplissement du Salut personnel. Par notre propre Réalisation nous devenons des canaux de l'Unique Lumière, et des instruments actifs de l'évolution de l'univers vers la Rédemption générale.
Animée d'une volonté rédemptrice, la Maïeutique incite chacun à diffuser l'enseignement autour de lui, et elle propose aux pratiquants avancés de devenir à leur tour initiateurs ou initiatrices, ceci au terme d'une formation pédagogique spéciale, leur permettant d'introduire adéquatement leurs frères sur le chemin de la Lumière.
Celui qui a reçu l'enseignement de la Maïeutique Transcendante, et intégré l'Eveil dans sa vie doit, s'il en perçoit en lui-même l'aspiration, diffuser gratuitement ce même enseignement, et introduire en l'Eveil ceux qui cherchent. Enseigner sera pour lui une manière de continuer à progresser. Pour qui connaissant l'Eveil, et se découvrant avec l'irruption de l'Amour, une vocation enseignante, devenir initiateur ou initiatrice est à la fois un devoir et une nécessité. Plus on reçoit sur le Sentier, plus il faut donner. A celui qui donne, une réceptivité plus large est octroyée. Ainsi se fonde l'éternelle chaîne de la réception et du don.

"Venez à ma suite et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes"
(Evangile selon saint-Marc, 1-17)







8 - Position dite de la sélection


"Bien peu de gens peuvent posséder cette Connaissance, un entre mille, deux entre dix milles".
(Irénée, Adversus Haereses 1-24-6)

Aucune initiation authentique ne s'adresse à la masse, et ceci tout simplement parce que la masse ne s'intéresse pas aux choses de l'initiation. L'exotérisme s'adresse à la foule, l'Esotérisme est le fait du petit nombre. Il ne s'agit pas de vouloir "convertir" le maximum de gens, mais simplement de faire connaître l'existence d'une voie , et de laisser ceux qui sont intéressés venir à elle.
Il n'entre dans l'objectif d'aucun initiateur de rassembler indistinctement le maximum de personnes. Car on ne peut transmettre avec efficacité qu'à ceux qui, par leur propre cheminement, sont déjà parvenus à un état de prédisposition intérieure.
Tirer sur un fruit vert ne le fait pas mûrir. Aider à se réaliser spirituellement ceux que Dieu à élus par sa grâce, ce n'est pas cherche à convertir tous les hommes. Toutes pédagogie initiatique doit être conçue de manière à séparer l'ivraie du bon grain. En Maïeutique Transcendante, c'est un système auto-sélectif qui est utilisé. L'enseignement est ouvert à tous, sans distinction, mais on laisse ceux qui n'ont ni les aptitudes ni la persévérance requises se décourager eux-mêmes. La pédagogie sélective fonctionne de la manière suivante : ne sont accordées aux aspirants que des entrevues espacées. De cette manière le chemin est indiqué, mais chacun doit compter sur lui-même et sur sa pratique pour progresser.

On voit qu'en cela la Maïeutique Transcendante se distingue radicalement des agissements de multiples sectes, qui pratiquent l'embrigadement et le conditionnement systématiques.




9 - Position dite du rejet de la confusion


"Se vouer à des doctrines pernicieuses, c'est courir à sa perte"
(Confucius, Entretiens 2-16)


De nombreuses personnes confondent le développement psychique et l'épanouissement spirituel. Elles s'imaginent qu'en développant certaines facultés psychiques elles progressent spirituellement. L'enseignement de la Maïeutique Transcendante s'inscrit en faux contre cette confusion, explique et démontre clairement que le développement psychique n'a aucun rapport avec la réalisation spirituelle.
La Maïeutique Transcendante n'a aucune espèce de rapport avec la métapsychique, la parapsychologie, le spiritisme, l'occultisme, la magie, les sciences divinatoires, l'astrologie, etc...Tous les aspects de ce fatras s'opposent à la limpidité en laquelle le mental est dépassé.
Signalons également que les esprits infantiles, avides de merveilles, d'étrangeté, d'exotisme, de révélations secrètes, de mystère jalousement gardés, les esprits crédules fascinés par les sociétés secrètes, intéressés par les ritualismes impressionnants, les symbolismes inutilement compliqués. Tous ces gens désireux de jouer à l'"initié" afin de décorer leur salon, n'ont aucune place en la Maïeutique Transcendante.

Notre époque qui, comme toute époque, a des aspects positifs et des aspects négatifs, se caractérise négativement dans le domaine spirituel par une grande confusion. Les fausses initiations, les fausses spiritualités, les faux Maîtres foisonnent. Toute une littérature commerciale entretient les notions les plus bêtes ou farfelues sur le spirituel, l'initiatique et l'Esotérique. Les déformations les plus aberrantes se prétendent être d'authentiques traditions. Il y a des rêveurs qui se déclarent héritiers de traditions mortes, et qui ne font qu'entretenir une nostalgie enfantine vis à vis d'époques révolues. Il y a les mythomanes et les déséquilibrés qui enseignent les plus sottes élucubrations. Ceux qui fondent des sectes dans le but de s'enrichir ou de flatter leur ego. Les égarés sincères qui, en toute bonne foi, perpétuent de graves déformations.
Du coté des chercheurs, il y a ceux qui confondent initiation et recherche du pouvoir psychique personnel. Les inadaptés ou les désaxés qui cherchent à fuir la société pour se réfugier dans le giron d'un groupe. Ceux qui voulant échapper à leurs "problèmes", ont en réalité besoin d'une psychothérapie et non d'une voie initiatique. Les intellectuels qui, par simple curiosité, voudraient collectionner de nouvelles connaissances de manière à entretenir une flatteuse image d'eux-mêmes.
Tous ces gens là sont inaptes à l'initiation et n'ont rien à faire au sein de la Maïeutique Transcendante.

Le faux Esotérisme se caractérise principalement : soit par la recherche du développement des facultés psychiques, des pouvoirs et possibilités latentes en l'homme. Le voyage astral, l'influence de la pensée, la voyance, sont des thèmes chez eux favoris. Or la recherche du développement de l'individualité psychique, loin de permettre la dissolution de l'Ego, ainsi que le proposent les spiritualités authentiques, ne fait que le renforcer. Soit pas un ensemble de spéculations inutiles.
Les partisans de ces doctrines s'imaginent que leurs élucubrations, souvent gratuites et contradictoires, représentent l'Esotérisme; parfois ils se contentent de déclarer qu'elles sont nécessaires pour parvenir à la réalisation spirituelle. En affirmant cela ils entrent en contradiction avec les plus grands Maîtres spirituels, qui ont formellement rejetés à la fois, la nécessité d'étudier ces théories et de cultiver nos facultés psychiques pour se Réaliser spirituellement.

Le problème de la condition humaine est celui de l'urgence. Cette urgence qui apparaît dans l'Evangile, dans le Coran, dans les paroles de Bouddha, de Shankara et de tous les grands Maîtres.
La vie est courte, il faut se réaliser en cette vie, et ce genre d'étude détourne du but des aspirants sincères. Tout enseignement authentique Esotérique vous aide à dépasser la condition humaine, et à vous faire accéder à la Connaissance Divine, d'une manière aussi simple et directe que possible. Le faux Esotérisme lui, se lance dans une foule de considérations sur l'homme et le monde. une vie entière peut se perdre dans les études interminables du faux Esotérisme.

A celui qui doute et s'interroge nous disons : jugez par vous-même. Etudiez quelques ouvrages authentiquement Esotériques, et à moins que vous ne soyez stupide, la chienlit du faux Esotérisme s'écroulera. Il importe peu que nos propos ne soient pas "agréables" à certaines personnes. Nous ne cherchons pas à "séduire" ou à "faire plaisir". Les erreurs doivent êtres dénoncées, non point pour "attaquer" leurs partisans, mais pour sauver ceux qui risquent de s'y perdre. Quant à ceux qui demeurent attachés à l'erreur, ils prouvent leurs inaptitude.

L'Eveil spirituel réclame une vigilance constante. Seule une exigence réalisatrice imprégnant tous les instants de votre vie vous mènera vers la Réalisation.
Les fausses spiritualités sont des opiums qui tentent de vous faire croire que tout est facile. En Maïeutique Transcendante nous vous disons : "Les gloires incommensurables de la Divine Réalité sont l'héritage qui nous revient de droit, mais il faut lutter pour le conquérir. Etes-vous fermement déterminé à mettre en œuvre une vigilance constante, qui seule pourra transformer intégralement votre existence ?. Etes-vous animé d'une véritable soif spirituelle, d'une authentique ardeur ? Si tel n'est pas votre cas ne vous attardez pas dans la Maïeutique Transcendante, passez votre chemin !"


"Nos voies divergent-elles ? Inutile de nous concerter plus longtemps."
(Confucius - entretien 15-39)



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LE RATTACHEMENT TRADITIONNEL DE NOTRE CONFRERIE



La Confrérie initiatique de la Maïeutique transcendante se propose de transmettre un enseignement traditionnel.

Mais qu’y a-t-il exactement derrière ce mot "traditionnel" qui, par définition, s'oppose aux enseignements "nouveaux" ou "modernes"?

De nombreux enseignements spirituels se glorifient d'être "nouveaux". Comme s'il pouvait y avoir quelque chose de nouveau en ce domaine sous le soleil ! Comme si la Vérité n'était pas connue de l'homme depuis la préhistoire ! Comme si toutes les traditions, toutes les religions, n'était pas des répétitions et des réactualisations de la même « Vérité Eternelle » (Sanâtana Dharma).


Le label "nouveau", ou "moderne", cache bien souvent la démarche égotique de ceux qui, incapables de se soumettre aux exigences d'un rattachement traditionnel, n'ont que l'expérience, ou la simple certitude, d'un fragment de Vérité et qui, rejetant les autorités traditionnelles, prétendent devenir eux même une "autorité" en demandant aux autres d'accepter comme incontestable ce qu'ils disent.

Notre Confrérie s'écarte radicalement de cette démarche et se situe dans une perspective "traditionnelle", en considérant que tout enseignement spirituellement valable doit être conforme à la Vérité contenue dans des Ecritures, qui sont sacrées car elles contiennent l'expression d'une Révélation, c'est à dire d'une irruption de la dimension Transcendante dans l'histoire humaine, et non de simples élucubrations du mental humain.

Malheureusement, nous ne pouvons pas considérer qu'il suffit de déclarer qu'un enseignement est "traditionnel" pour qu'il le soit d'une manière effective. En effet, parmi les multiples enseignements spirituels qui se réclament d'antiques et vénérables Ecoles spirituelles, il en est qui le font à seule fin, semble-t-il, de se parer de l'auréole d'une réputation vénérable, tout en faisant preuve d'une infidélité flagrante vis à vis du contenu réel de la Tradition dont ils usurpent le nom.

Heureusement ceci n'est pas le cas de tous les enseignements se référant à une tradition. Mais, il nous faut constater que, dans la floraison actuelle, il est souvent difficile pour le chercheur de Vérité de séparer l'ivraie du bon grain.


Pour sa part la Confrérie Initiatique de la Maïeutique Transcendante entend transmettre l’enseignement traditionnel et authentique de l’Advaïta-Vedanta. Mais nous ne demandons a personne de « nous croire sur parole ». Nous allons donc indiquer les références permettant à chacun de vérifier notre fidélité à la tradition de laquelle nous nous réclamons.

Notre volonté de transmettre l’Advaïta-Vedanta n’inclue de notre part aucune volonté de former un mouvement de « néo-hindouisme », aucune tentative de conversion. Nous nous référons à la tradition hindoue car notre enseignement et notre pratique puisent dans la richesse de la sagesse immémoriale quelle véhicule, mais il reste évident pour nous que chacun est libre de conserver la foi qui est la sienne, à condition que celle-ci ne relève pas d’un exclusivisme sectaire, incompatible avec l’orientation universelle de notre enseignement.




Rappelons quels sont les fondements de la tradition hindoue :

Son orthodoxie s’enracine dans une Révélation divine (Shruti) consignée dans les Ecritures sacrées que sont les Védas. Il y a quatre Védas, quatre recueils du « Savoir sacré ».
Le Rig Veda ;
Le Sâma Veda ;
Le Yajur Veda ;
L’Atharvan Veda.


Dans chaque Véda il existe quatre catégories de texte :
Les Samhitâ (ou Recueils d’hymnes liturgiques) ;
Les Brâhmana (ou Développements sur les rites) ;
Les Âranyaka (ou Traités destinés aux ermites) ;
Les Upanishad (ou Enseignements reçus aux pieds d’un maître).


Bien que l’on trouve des passages relevant du niveau ésotérique dans les trois autres catégories de textes, la dimension ésotérique s’affirme et s’approfondit tout particulièrement dans les Upanishad.

Par ailleurs, le Mahâbharâta, ou la « Grande Epopée des descendants de Bharata » ne relève pas de la Révélation divine (Shruti), mais des « Textes traditionnels » (Smriti). Cette épopée comprend 18 livres (parva) et dans le sixième livre on y trouve l’enseignement spirituel donné par Krishna à Arjuna, cet enseignement est considéré comme une œuvre inspirée faisant partie de la Révélation divine. Il correspond à ce que l’on appelle communément en occident la « Bhagavad-Gîta ».

A partir de cette Révélation et se fondant sur Elle, l’orthodoxie de la tradition hindoue s’est développée selon six « point de vue » (Darshana). Ces « point de vue », ces « angles d’appréhension » sont en fait des manières complémentaires d’aborder la Vérité universelle.




Ces six « angles d’appréhensions » sont les suivants :

Le Nyâya, ou le « Point de vue du raisonnement logique », fondé par Sri Gotama ;

Le Vaisheshika, ou le « Point de vue de l’analyse du perçu », fondé par Sri Kanâda ;

Le Sâmkhya, ou le « Point de vue de l’énumération des Principes cosmiques », fondé par Sri Kapila ;

Le Yoga, ou le « Point de vue de la contemplation unitive », fondé par Sri Patanjali. Ce «Yoga» ou «discipline menant à l’Union», ne devant pas être confondue avec le « Hatha-Yoga » enseigné en occident ;

La Mîmâmsâ, ou le « Point de vue de l’exégèse rituelle », fondé par Sri Jaimini ;

Le Vedanta, ou le « Point de vue de l’exégèse métaphysique». C’est dans cette perspective de l’étude exégétique des Ecritures, réalisée dans le but d’en dégager la conclusion finale et le sens profond, que se rattache notre Confrérie.

Il existe différentes Ecoles Védantiques. Nous nous rattachons à la plus ancienne celle de : L’Advaïta-Vedanta, l’Ecole de la Non Dualité, fondée par Sri Shankâra Bhagavatpada (788-820).

Cette « Ecole de la Non-Dualité », propose une Réalisation Métaphysique qui, par l'universalité de sa perspective, correspond à l'aboutissement de tous les ésotérismes authentiques.





Le « Corpus canonique des Ecoles Védantiques », (Prasthana Traya) contient trois éléments :

Les Upanishads ;
La Bahagavad Gîta ;
Les Brahma-Sûtra.




Cette dernière composante du corpus canonique est constituée par une série d’aphorismes attribués au sage Bâdarâyana et définissant les grands positionnements doctrinaux du Vedanta.

Le Traditionalisme de la Maïeutique se manifeste par sa référence et son étude du corpus canonique du Vedanta, ainsi que par sa référence et son étude des traités de Sri Shankâra Bhagavatpada, et d'un ensemble d'autres textes traditionnels.

Quand à la discipline initiatique qu'elle transmet elle est conforme d’une part à la sâdhana castustayam de l'Advaïta-Vedanta. C'est-à-dire : « la discipline spirituelle » (sâdhana) « de la quadruple qualification (castustayam) requise pour l’expérience de la Non-Dualité » (Advaïta).


La Maïeutique doit son existence à l'enseignement lumineux de Bhagavan Sri Ramana Maharshi (1879 - 1950). Et c’est également dans la fidélité à son Enseignement qu’elle s’enracine.

Alors que l’Advaïta-Vedanta était réservé aux Brahmanes qui renonçaient au monde (samyâsin), Sri Ramana Maharshi, bien que répétant, à partir de sa propre expérience, l’intégralité de l’enseignement de Sri Shankâra Bhagavatpada, a ouvert cette Réalisation à tous, hommes et femmes, hindous et non hindous, en expliquant que la dite Réalisation pouvait s’effectuer au sein de la vie active, en conservant son activité professionnelle et en assumant ses devoirs de père ou de mère de famille.

L’un des aspects les plus connus de l’enseignement de Sri Ramana Maharashi est son « investigation métaphysique » proposant au chercheur spirituel de se poser la question : « qui suis-je ? », afin de constater que le corps physique et le mental ne peuvent être sa véritable identité puisqu’ils ne sont pour lui que des objets de perception et qu’il est, d’évidence, le Sujet qui les perçoit. Dès lors, se pose la question de la nature de ce Sujet que nous sommes et qui est le témoin des perceptions du monde, du corps et du mental. En approfondissant son questionnement, le chercheur spirituel découvre que ce qui demeure en tant que son Identité ultime, son Soi, (Âtman), est pure Conscience. Continuant son investigation le chercheur s’aperçoit que cette Conscience n’est pas « une » conscience individualisée, mais la Conscience universelle, dépourvue de contenus, de forme et de limites.

Cette investigation intérieure du « qui suis-je ? », dépasse très largement la simple introspection psychologique, et doit déboucher sur une « expérience libératrice ». Pour quelle soit menée à bien, il est nécessaire d’acquérir une purification psychique, une capacité d’intériorisation, et une maitrise du mental suffisante. Faute de quoi cette investigation intérieure sera entrecoupée par des distractions mentales multiples la rendant totalement inefficace.

C’est pourquoi dans sa première œuvre écrite, ainsi que dans l’ensemble de l’enseignement oral qu’il répéta tout au long de sa vie, Sri Ramana Maharshi, recommande le recours à l’Ashtânga-Yoga, « la discipline aux huit parties », c’est à dire le Yoga enseigné par Sri Patanjali.

Contrairement à ceux qui voudraient réduire l’enseignement de Sri Ramana Maharshi à l’investigation du « qui suis-je ? » c’est à l’intégralité du Message de Ramana Maharshi que nous voulons rester fidèle.

Aussi, dans la discipline initiatique que nous transmettons, nous commençons au stade du noviciat, par proposer un travail respectant la structure exposée par Sri Patanjali dans son recueil d’aphorisme intitulé Yoga-Sutra. Cet usage de l’Ashtânga-Yoga ayant pour objet de préparer le chercheur à se livrer à l’investigation métaphysique du « qui suis-je ? » et d’être capable d’approfondir tous les aspects et étapes de la réalisation de la Non-Dualité, d’une manière qui n’ait rien de « philosophique », ou de « spéculatif », mais qui soit le vécu profond d’une Gnose libératrice.

Le travail d'Eric Tolone (né en 1947) qui a fondé l'Ecole de la Maïeutique Transcendante, n'a d'autre objectif que de rendre accessible la Réalisation de l'Advaïta-Vedanta dans le contexte spécifique de la vie moderne, en restant fidèle à la Voie ouverte par Sri Bhagavân Ramana Maharshi.

Car Eric Tolone, qui n'a d'autre prétention que d'être un simple disciple de Sri Ramana Maharshi, bien que n'ayant pu rencontrer ce Grand sage de son vivant, a eu la bénédiction de connaître un de ses disciples directs Swami Annamalai (1906 - 1995), lui même parvenu à la parfaite Réalisation.

Par ailleurs la discipline initiatique (Sâdhana) transmise par la Maïeutique à été approuvée en 1990 par le Jada-Guru Sri Bharati Tirtha, 36° successeur de Sri Shankâra Bhagavatpada au monastère de Sringeri.


Eric Tolone a également reçu l'initiation du "Nouvel Enseignement Chan" implanté en France. Le Chang étant fondé par Bodhidharma (6° siècle) premier patriarche chinois du bouddhisme.

Il a également reçu l'enseignement libérateur de Sri Ranjit Maharaj, Sat-Guru de la Tradition des Neufs Sages (Navanath Sampradaya). Tradition à laquelle appartenait Sri Siddharameshwar Maharaj et Sri Nisargadatta Maharaj.

Puisqu’on ne transmet que ce que l’on a reçu et que l’expérience personnelle ne fait que confirmer ce que disent les Maîtres depuis toujours, nous avons voulu indiquer les sources qui, sous forme d’une synthèse, se retrouvent dans l’enseignement initiatique qui est transmit.


D'autre part, depuis de nombreuses années, Eric Tolone s'est livré à des études comparatives sur les différentes traditions et leur convergence au niveau ésotérique, et ceci dans la perspective des travaux de René Guénon. Perspective développée par un courant de pensée au sein duquel il nous faut citer Ananda Coomaraswamy, Fristhof Schuon, Titus, pour ne citer que les plus importants.

L’explication de cette convergence permet au pratiquant de réaliser en quoi consiste le Cœur spirituel et ésotérique de toutes les traditions. Dès lors, il sait que son cheminement spirituel lui permet de s’acheminer vers ce qui constitue, en mode personnel et dévotif, l’aboutissement des mystiques juives, chrétiennes et musulmanes, ainsi que la Bhakti indoue. Il sait également qu’il arrive, en mode impersonnel à la suprême Gnose (Prajnâ) qui est au cœur de l’Advaïta, du Bouddhisme et du Taoïsme.

Cette convergence entre la dévotion mystique et la Gnose étant mainte fois affirmée par Sri Ramana Maharshi.

Une telle convergence universelle ne pouvant devenir effective que dans une expérience de la Transcendance qui demeure au plus profond de nous même.

Nous devons bousculer un ensemble de préjugés, en affirmant que cette expérience n’est pas réservée aux grands Mystiques, ou bien aux Gnostiques impénétrables. Elle est possible pour chacun, dans la limpidité d’une parfaite transparence accessible à tous, ainsi que l’a, maintes et maintes fois, expliqué Sri Ramana Maharshi.

Il en est ainsi parce qu'il ne s'agit pas d'obtenir quelque chose de nouveau mais au contraire de réaliser, en notre vécu intérieur, ce que nous sommes depuis toujours en notre éternité, hors du temps de l'espace et du corps.


En terme hindous ce vécu est celui de la Délivrance (Moksha).

De quelle sorte de Délivrance s’agit-il ?


Impossible de comprendre ce qu'est la Délivrance si nous n'avons pas défini l'emprisonnement.

L'emprisonnement résulte du fait de se situer dans le temps, l'espace et le corps.

Ainsi toute forme de vie, du ver de terre à l'archange est emprisonnée dans le temps, dans l'espace et dans une forme de corporéité spécifique. Emprisonnement qui s'accompagne de l'assouplissement aux lois de causes à effet qui régissent tous les mondes, qu'ils soient physiques, psychiques ou spirituels. Que la condition d'archange soit beaucoup plus agréable que celle de verre de terre ne cange rien au problème. Etre délivré c'est ne plus subir les vicissitudes cet emprisonnement et connaître la liberté et la béatitude qui en résultent.


Est-ce possible ?


C'est possible non point dans la promesse d'une "autre vie" mais ici même, en la présente existence.

C'est possible par la découverte vécue de notre Atma, de notre Identité réelle et transcendante au delà du corps et du mental (auxquels nous faisons l'erreur de nous identifier). Identité transcendante qui n'est autre que la présence immanente de Dieu en nous même en tant que nous même.

C'est donc l'accès à cette expérience, pour tous ceux qui ont le sérieux et la persévérance requises, que se propose d'enseigner la Maïeutique. Expérience que l’on ne saurait recevoir de l’extérieur mais qui ne peut que se découvrir «en « soi même », par « soi même » puisqu’elle constitue le dévoilement de notre véritable « Soi », de notre Identité ultime.

Nous transmettons les « outils initiatiques » mais le travail ainsi que son mérite est l’affaire de chacun.

Pas d’innovation, rien de nouveau, de mystérieux ou d’extraordinaire dans l’enseignement transmit. De simples prises de conscience nous acheminant vers la constatation de l’évidence.

L’évidence de notre liberté, de notre félicité et de notre transcendance éternelle.



Que cela soit vécu par tous, sans attendre !



***






LES ETAPES DE L'INITIATION






Les origines de l’enseignement
L’hindouisme s’enracine dans les Védas qui sont des Écritures révélés transmis d’une manière orale pendant des siècles avant d’être porté à l’écriture.
L’hindouisme n’ayant pas une autorité centrale inhibant les initiatives spirituelles, contiens une multiplicité d’École spirituelle.
Nous transmettons un enseignement conforme à la doctrine de l’École de l’Advaïta-Vedanta. Ou École de la Non-Dualité qui se fonde sur l’exégèse métaphysique et finale (Veda-anta) des Védas.
Cette École spirituelle fut fondée par Sri Bhavapada Shankara (788-820) également appeler Shankarâchârya, c'est-à-dire Maitre Shankâra, ou Adi Shankarâchârya, premier Shankarâchârya, pour le distinguer de la ligne des successeurs qu’il a laissés derrière lui et qui portent également le titre de « Shankarâchârya ».
La structure de l’enseignement que nous dispensons a été approuvée en 1990 par le Jada-Guru Sri Bharati Tirtha, 36° successeur de Sri Shankâra Bhagavatpada au monastère de Sringeri.
Cet enseignement s’enracine dans celui de Sri Bhagavan Ramana Maharshi (1879-1950) qui ouvrit la réalisation de la Non-Dualité a tous, aux occidentaux comme aux orientaux, aux hommes comme aux femmes, a ceux qui renoncent au monde, comme a ceux qui restant dans le monde ont une vie professionnelle et familiale.






Le but
Le but de cet enseignement est l’obtention de la Libération (Mukti).
Pour saisir en quoi consiste la Libération, il faut savoir en quoi consiste l’emprisonnement. L’emprisonnement existentiel réside dans le fait de vivre enfermer et limiter par le corps, l’espace, le temps et les conditionnements du mental. Cet emprisonnement est le propre de toutes les formes de vie, du ver de terre à l’archange.
La Réalisation spirituelle proposée se caractérise par le fait de vivre une Gnose, c'est-à-dire une Connaissance métaphysique libératrice, dans laquelle nous réalisons que nous ne sommes pas le corps physique ni le mental et qu’en conséquence il n’existe aucun emprisonnement pour nous.
La Connaissance métaphysique c’est la Connaissance de l’Absolu (Brahman), car pour l’Advaïta-Vedanta il n’existe qu’un seul et unique Principe. La multiplicité des êtres n’est qu’une apparence, une illusion (mâyâ).
La souffrance psychologique résulte du fait de vivre sous l’emprise de cette illusion en laquelle nous faisons l’expérience de la séparitivité, de la solitude, de la privation, et de la mort.
La fin de la souffrance résulte du fait de vivre, au-delà des apparences humaines, la transcendance immuable et bienheureuse de notre Identité véritable, de notre Soi (Atmâ) qui est de même nature que l’Absolu (Brahman).

Pour se libérer de l’illusion de l’emprisonnement, il faut donc changer de niveau notre « je ». Cesser de s’identifier aux différents composants de l’homme pour nous identifier à l’Absolu qui est le seul existant, car il n’existe qu’un seul et unique Être universel (Sat) dont toutes les formes de vie sont des manifestations particulières.
L’Absolu qui est notre véritable nature n’est pas seulement la Transcendance, il est aussi la totalité des êtres et des mondes, puisqu’il n’existe rien en dehors de Lui. C’est pourquoi la réalisation vécue de notre unité avec l’Absolu n’est d’aucune manière une « fuite hors du monde », puisqu’elle implique d’assumer notre unité avec tous les êtres.
Enfin, au plus haut niveau, ce qu’est l’Absolu et ce que nous sommes en nos Tréfonds est au-delà de l’exprimable, c’est l’Ineffable par delà toutes les formulations conceptuelles.
C’est cet Ineffable que depuis l’aube des temps des hommes ont fait l’expérience et c’est sur lui que ce fonde la cime de l’universalisme spirituel, car rien ne distingue l’Ineffable bouddhiste de l’Ineffable chrétien et musulman et ceci indépendamment des formulations doctrinales qui peuvent enrober ce vécu inexprimable.
Il faut donc tout d’abord travailler pour obtenir la Connaissance intérieure de cet Ineffable, et suite travailler pour introduire au sein de notre vie quotidienne un vécu de plus en plus constant.





La méthode
Nous diffusons une discipline spirituelle (sâdhanâ), une méthode de Réalisation, qui se caractérise par la transmission d’une série d’étapes spécifiques.
Il s’agit d’un système initiatique qui n’est destiné à ne représenter que la spécificité d’un travail spirituel pendant une période limitée de la vie.
Notre enracinement dans la tradition hindoue ne présuppose de notre part aucune tentative de chercher à « convertir » les gens à une quelconque forme de néo-hindouisme, nous transmettons une hiérarchie de pratiques adaptées aux spécificités de chaque personne.
Nous mettons en œuvre une pédagogie interconfessionnelle, dans laquelle chaque croyant est amené à utiliser les techniques de recueillement que nous transmettons sur des thèmes de contemplation qui sont propres à la tradition dont il se réclame.
Quant à ceux qui ne se rattachent à aucune confession, la discipline que nous transmettons s’apparentera à une métapsychologie transpersonnelle.
La transmission de ces étapes se fait d’une manière individuelle, car elle s’adapte à chacun en tenant compte de la spécificité des prédispositions et du travail spirituel qu’ont déjà réalisé certaines personnes.
Pour chaque étape il y a : Communication d’un ensemble de textes. Une pratique spécifique de méditation, un type particulier de prises de conscience à réaliser durant l’accomplissement des activités quotidiennes et des pratiques épisodiques.

La transmission d’une étape constitue un travail spirituel pour une durée de six à douze mois. Au bout de cette période l’analyse des résultats obtenus entraine, le passage à une étape supérieure ou le maintient dans la même étape, avec maintient ou modifications des pratiques spirituelles mises en œuvre.
La transmission individuelle des étapes s’accomplit sous forme d’entretiens particuliers. Lorsque la distance pose problème, certaines étapes peuvent être transmises par téléphone, ou mieux par contact visuel grâce à internet.
Quel que soit le type de transmission, deux contacts par ans seulement sont nécessaires. A défaut un seul contact annuel peut suffire. Nous sommes donc très loin du phénomène d’embrigadement sectaire redouté par certains.
La transmission des étapes initiatiques peut s’accompagner de séminaires de deux jours ou d’une semaine, lorsqu’un groupe de personne souhaite réaliser un travail collectif intense.
L’instructeur, ou l’instructrice qui transmet les étapes n’est un Maitre. Il n’accepte pas de « disciples », c’est simplement un ami qui donne l’aide que peut apporter une personne qui a déjà cheminé sur le Sentier indiqué. Toute l’efficacité de la méthode repose sur votre travail personnel.


L’enseignement est diffusé d’une manière gratuite. Les instructeurs, ou les instructrices devant avoir leur propre source de revenus et ne pouvant faire de la transmission spirituelle un métier. La réception d’une forme de rémunération quelconque ou de cadeaux leur étant interdite.
La seule chose que paye celui qui reçoit la transmission de l’enseignement ce sont les brochures qu’il doit acheter et le remboursement des frais des transports des instructeurs, ou instructrice lorsqu’ils se déplacent pour enseigner et éventuellement une participation à la location du local ou l’on se réunit.
Afin de préserver le principe de gratuité, notre Confrérie s’interdit toute possession foncière. Les transmissions s’effectuant dans des domiciles privés, ou en quelques lieux prêter, ou louer, pour la circonstance.
Cette gratuité, qui est une conséquence de l’amour spirituel a pour objet de réagir contre les infamies du commercialisme spirituel qui sévit a notre époque.

Une formation pédagogique est ouverte aux personnes qui veulent devenir instructeurs, ou instructrices. Cette formation se compose d’une assimilation doctrinale et d’un travail sur les aptitudes rituelles.
Ceux qui le désirent peuvent commencer cette formation avant d’avoir achevé la réception des étapes initiatiques. Mais évidement ils ne pourront exercer leur rôle d’instructeur, ou d’instructrice, qu’après assimilation de la dernière étape de l’initiation.
Aux personnes qui ont achevé la réception de l’initiation peut être fait la position d’enter dans notre Confrérie. L’adhésion à ladite Confrérie présupposant un double engagement : Celui de continuer la pratique de la discipline spirituelle, et celui de participer au Don de l’enseignement.
Bien que la pérennité de cette méthode repose sur les instructeurs et instructrices qui la diffusent, il existe des modalités mineures de participation aux Don de l’enseignement.














Première étape - Le Noviciat
Cette étape se décompose en plusieurs degrés dont le nombre varie selon les besoins du pratiquant, se nomme le Noviciat. Sa structure est conforme à celle de l’asthanga-yoga de sri Patanjali.
Durant le Noviciat, sont transmises sous forme de Règles de vie (Yama Niyama) les bases du contexte dans lequel peut s’effectuer une démarche spirituelle sérieuse.
Des techniques de recueillement permettant l’indispensable maitrise du mental sont transmises (asana, pranayama, pratyâhâra, dhâranâ, dhyâna, samâdhi). Sans cette maitrise la découverte ne notre Identité transcendante qui dépend du développent d’une nouvelle forme de sensibilité intuitive extrêmement subtile que gêne la moindre pensée divergente, la moindre distraction ne peut s’effectuer.
Le but du Noviciat est d’obtenir ce que nous appelons « l’Éveil transcendant ». Cet Éveil consiste à être capable de se sentir exister indépendamment du corps et des pensées.
Le vécu particulier de l’Éveil transcendant est assez facile a obtenir, il suffit d’apprendre a poser son attention dans l’espace, a une faible distance du sommet de la tête et un peut a l’arrière de celle-ci, puis a partit de cette localisation de regarder l’homme vivre.







Deuxième étape - La réalisation de l’illusion phénoménale (Mâyâ-vâda)
Le travail consiste à faire enter dans notre vécu la compréhension de l’illusion phénoménale (maya). Illusion qui découle du fait que le monde que nous percevons est une création des sens interpréter par le mental.
En substituant au concept de « la réalité du monde », le concept de « l’irréalité du monde », nous modifions radicalement notre appréhension de l’existence. L’une des conséquences de cette modification c’est le détachement.
L’exigence du détachement est une caractéristique de toute spiritualité authentique et traditionnelle que précisément veulent éviter les pseudo spiritualité du type « New Âge ».
Il existe deux manières d’obtenir le détachement : par une volonté ascétique qui éradique douloureusement et brime les passions humaines. Ou bien par le changement conceptuel qui est proposé, car on ne s’attache qu’à ce qu’on croit implicitement vrai.
Lorsque cessant de nous identifier à l’homme nous nous situons au niveau de l’Absolu, qui est notre véritable nature, puisque qu’aucune nécessité à manifester le monde ne saurait contraindre l’Absolu, l’existence humaine n’est qu’une distraction, un jeu (Lîlâ), un phantasme gratuit traversant notre Éternité.








Troisième étape - La Gnose transcendante (Brahmajnâna)
La Gnose transcendante s’obtient par un usage systématique de la discrimination (viveka) afin de détruire le concept d’identification au corps et au mental.
Le simple fait d’être capable, en l’Éveil transcendant, de se sentir exister au-delà du corps et du mental, n’a pas détruit les racines du processus mental d’identification égotique qui fabrique l’illusion du moi individuel (ahamkâra).
Il s’agit de parvenir à la conviction profonde et vécue du fait d’être la Conscience universelle et transcendante du Soi (Âtman) qui ne connait ni naissance, ni mort, ni aucune forme d’emprisonnement dans le corps, le temps et l’espace.
La Conscience dont nous parlons ne doit pas être confondue avec la « conscience psychologique ou mentale ». C'est-à-dire avec la conscience de « ceci, ou de cela » qui constitue la seule forme de conscience connue de la philosophie et de la psychologie occidentale.
Cette Conscience, qui est l’espace en lequel surgissent toutes les formes de perceptions, est en elle-même vide de tous contenus. C’est pourquoi elle est dite « pure Conscience » (Chit).
Cette Conscience n’est pas une « conscience personnelle », mais une conscience universelle et transcendante qui en raison de son caractère Omnipénétrant, habite au cœur de toutes les formes de vie et constitue l’identité véritable, le Soi (Atmâ) de chacun.

Notre Identité véritable en tant que Conscience, au-delà de l’homme en ces aspects physiques, psychiques, et spirituels, est de même nature que celle de l’Absolu (Brahman), ou de Dieu, qui est pur Esprit, ou pure Conscience.
Cette Conscience n’est concernée ni par la pureté, ni par l’impureté, ni par aucune forme d’expérience spirituelle, ce qui évidemment inclut l’Éveil transcendant.
Toutes les limitations, tous les conditionnements humains, tous les états psychologiques, toutes les expériences ne sont que des éléments du spectacle que perçoit d’instant en instant notre Conscience.
Cette étape se résume par le vécu de l’affirmation Vedantique : « Je ne suis ni le corps, ni l’énergie vitale, ni le mental, ni l’intellect : je suis le Soi ».








Quatrième étape - La Gnose englobante (Sarvam Brahma jnâna)
Le Réel se compose de deux Principes distinguables, mais non séparables. Comme la flamme et sa clarté. Ces deux Principes sont la Puissance divine, l’Énergie (Shakti) produisant la totalité des apparences phénoménales (maya) et, d’autre part la Conscience universelle et transcendante qui habite la totalité des formes de vie et perçoit les phénomènes engendrés.
Puisque tout est Un, et puisqu’il n’existe qu’une Conscience et qu’une Énergie, nous sommes inséparables de ces deux Principes. Nous sommes la Conscience immuable qui perçoit et la mouvance des phénomènes perçus.
Vivre cela, c’est réaliser notre unité avec tous les êtres. C’est aussi détruire le concept, la croyance, en l’altérité qui nous sépare fictivement du monde et des autres.
La réalisation de cette étape est résumée dans les textes Vedantiques par la phrase : « Tout est mon Soi ».


Cette étape est fondamentalement distincte de la précédente qui établissait une distinction entre « le Soi », c'est-à-dire la pure Conscience, et le non-Soi » » se composant du corps, de l’énergie vitale, du mental, et de l’intellect. Alors que maintenant il s’agit de reconnaitre toute chose perçue comme étant notre Soi.
Si l’enseignement de ces deux étapes n’est pas placé dans leur ordre hiérarchique, certains textes de l’Advaïta-Vedanta paraissent comme un fatras contradictoire dans lequel ayant affirmé que nous sommes distincts de tout, on déclare ensuite que tout est « Nous même ».
Travailler la Gnose englobante sans avoir réalisé la précédente présente des risques de déséquilibre psychologiques, car l’identification à la totalité du cosmos se ferait à partir du moi individuel, ce qui proprement délirant.
Reconnaitre par la compréhension notre unité avec la totalité des phénomènes et des créatures, puis intégrer cette compréhension dans notre vécu quotidien c’est détruire l’idée d’être une petite entité individuelle isolée.
Notre « réalisation spirituelle » devient la réalisation de tous les êtres qui se produira à la fin des temps, puisque tous les êtres sont autant de facettes de notre manifestation énergétique.







Cinquième étape - La suprême Gnose sans concepts (Prajnâ)
Les notions d’illusion, de Gnose transcendante et de Gnose englobante étaient des saisies conceptuelles et des objectivations nous faisant « vivre » ces concepts. Maintenant, il nous faut rejeter, sans aucune concession, tous les concepts que nous pouvons avoir sur le monde, sur nous même, sur la Réalité absolue et sur la spiritualité.
Cette destruction des enrobages conceptuels ne laissant subsister que l’Ineffable et l’Inexprimable.
Une telle destruction conceptuelle si elle se réalisait sans l’obtention du vécu intérieur des étapes précédentes serait purement négative et s’apparenterait à une forme de nihilisme philosophique.
Aborder directement ce niveau sans passer par le travail conceptuel caractérisant les trois étapes précédentes revient à dépasser un intellect qui n’a pas mûri.
Le rejet de tous les concepts ne peut porter véritablement tous ces fruits, qu’après usage des concepts libérateurs des trois premières étapes. Si tel n’est pas le cas, si l’on veut passer directement au rejet de tous les concepts, la vie du pratiquant sera soumise a une terrible dichotomie : il vivra un instant dans le rejet de tous les concepts et, l’instant suivant, puisque sa réalisation spirituelle est encore imparfaite, il retombera au niveau le plus bas, celui de la croyance en la réalité du monde et de l’identification au corps et au mental.









Sixième étape - Recherche du vécu constant de la Suprême Gnose (Prajnâ–Nishtha)
Nous devons maintenant rechercher un vécu constant de la suprême Gnose (Prjanâ). Seuls ceux qui parviennent à un vécu constant, vingt-quatre heures sur vingt-quatre étant des « Libérés vivants » (Jivan-Mukti).
Pour parvenir à rendre le vécu Gnostique de plus en plus constant. Nous avons recours à la « discipline de l’attention », car l’attention constitue le leur moyen n’entraimant aucun recours à des concepts.
Souvent les pratiquants découvrent la suprême Gnose en utilisant telle ou telle forme d’attention particulière correspondant à la pratique qui est la leur. Ils sont ainsi amenés à penser que le vécu gnostique constant sera possible par l’installation constante de cette forme d’attention. Cette déduction qui parait évidente est cependant erronée, car le recours à une seule forme, ou orientation de l’attention se révèle inadapté à la diversité des circonstances.
Pour intégrer le vécu de la suprême Gnose dans tous les types de circonstance, il nous faut travailler les formes d’attention suivantes:

  1. - Orientation intériorisée de l’attention vers notre Présence, notre Soi.
  2. - Orientation extériorisée de l’attention vers la globalité de l’instant présent.
  3. - Orientation de l’attention vers autrui.
  4. - Orientation de l’attention vers un élément du monde.
  5. - Orientation de l’attention vers l’Énergie cosmique.
  6. - Orientation de l’attention vers l’Énergie spirituelle.
  7. - Orientation de l’attention sur l’activité physique.
  8. - Orientation de l’attention sur le corps extérieurement ou intérieurement.
  9. - Orientation de l’attention vers les productions mentales involontaires.
  10. - Orientation de l’attention sur l’activité intellectuelle.
  11. - Orientation de l’attention de l’attention vers la douleur.
  12. - Orientation de l’attention vers le plaisir.
  13. - Orientation de l’attention vers l’état de rêve et de sommeil profond.

Chaque orientation de l’attention constituant une technique particulière.









Septième étape - L’établissement dans le Soi (Âtma-samstha)
La diversité des formes d’attention, avec leur aspect technique et artificiel, disparaît au profit d’une seule forme d’attention qui s’enracine dans notre Soi, notre Âtman.
Cet enracinement s’accompagne d’un vécu béatifique. Or seul ce qui procure du plaisir peut devenir constant.
Le vécu béatifique produit une transmutation de toutes les avidités humaines qui recherchent constamment le plaisir et trouveront l’apaisement dans le Soi lui-même.
C’est également dans cette étape que nous apprenons à vivre en tant que pure Conscience Témoin inaffecté par le spectacle des états de veille et de rêve.








Huitième étape - La Réalité éternelle au-delà de l’Etre et du Non-Etre (Sat Asat Nitya)
Tout ce dont il était question jusqu'à présent était vécu au niveau de la conscience. Il faut maintenant nous enraciner dans ce que nous sommes depuis toujours et à jamais au-delà de la conscience et de l’inconscience, au-delà de l’Etre, dans le Non-Etre.
Le Non-Etre n’est pas un pur néant inexistant. Si le Non-Etre n’était pas, s’il était sans existence, sans Etre, il serait inutile d’en parler. Le Non-Etre c’est la modalité potentielle de l’Etre Manifesté.
Toute forme de vie, tout univers, se caractérise par une Manifestation (Vyâkta) de l’Énergie cosmique (Shakti). Cette Énergie connaissant également l’état de Non-Manifestation (Avyâkta) qui n’est autre que le Non-Etre (Asat).
Ainsi la Réalité du suprême Absolu (Para-Brahman) englobe sa propre existence et celle de Sa Puissance (Shakti), sous ces deux modalités de Non-Etre (Asat), ou Non Manifesté (avyâkta) et de l’Etre (Sat), ou du Manifesté (Vyâkta).


Certains enseignements commettent l’erreur d’imaginer que le Non-Etre se situe au-delà de l’Être de l’Absolu, alors qu’en réalité le Non-Etre précède non pas l’Être Absolu mais l’Etre manifesté. Toute manifestation ne pouvant se produire que si elle s’origine dans une potentialité préexistante, potentialité qui est celle du Non-Etre cosmique.
La fin d’un univers étant le retour des Énergies qui l’ont composé à l’état de Non-Manifestation, de Non-Etre ; et le surgissement d’un nouvel univers étant la Manifestation d’une parcelle des possibilités contenue dans le Non-Manifesté.
S’enraciner dans le Non-Etre c’est se poser « la question des origines », en revenant à ce que nous étions avant la naissance, avant l’apparition du monde.
Cette étape c’est le passage du vécu au niveau de conscience de l’Etre, du Soi universel (Atmâ), au vécu de nos Tréfonds (Para-Atmâ) qui se situent dans les abimes de l’Absolu (Para-Brahman).
Pour cela nous devons dépasser la conscience en évoquant l’inconscience, puis dépasser l’inconscience elle-même, dont nous sommes le Témoin.







Neuvième étape - L’état naturel (Sahaja-Avasthâ)
L’état naturel consiste vivre ce que nous sommes depuis toujours.
Sans effort, sans recherche, sans exercice.
Nous devons apprendre à constater qu’à aucun moment nous ne pouvons cesser d’être CELA.
Nous restons ce que nous sommes depuis toujours et à jamais. Indépendamment des imperfections humaines.
Puisque ces imperfections existent, la pratique continue, car tandis que nous sommes l’Immuable, l’homme, de même que l’ensemble des phénomènes perçus se situe dans le Devenir. Or, dans le Devenir, une évolution infinie est possible.


Cette absence totale de « faire », ce dépassement de la volonté individuelle, cette disparition de la recherche spirituelle, tandis que l’homme continue d’agir, ne sont évidemment possibles que pour ceux qui ont réalisé les étapes précédentes. Ceux qui voudraient aborder directement l’état naturel n’aboutiraient qu’à un état de passivité psychologique, de laisser-aller, spirituellement préjudiciable.





Les caractéristiques de la Libération en la présente vie
Après la transmission de l’État Naturel, il y a une ultime transmission qui n’est pas vraiment une étape. Il s’agit de l’étude de l’ensemble des « signes » caractérisant le vécu authentique de l’État Naturel et de ces conséquences :la Libération en la présente vie.
Si certains de ces « signes » manquent, l’Adepte peut ainsi travailler ce qu’il a insuffisamment assimilé dans les étapes qui lui ont été transmises.




Ces « signes » sont les suivants :

Patience.
Paix profonde.
Incapacité d’attachement.
Sens de l’unité reliant tous les êtres entre eux.
Absence d’extériorité par le vécu que tout ce qui existe se situe en notre Réalité transcendante.
Amour et compassion.
Ne pas être concerné par le Bien ou le Mal dans l’accomplissement du Bien.
Pratique spirituelle sans implication dans cette pratique.
Spontanéité inspirée.
Inexistence de la croyance en une entité pensante.
Absence de pensée derrière la pensée.
Non agir dans l’agir.
Esprit d’enfance.
Maintien du vécu de la suprême Gnose sans effort.





***





RESUME DE NOTRE ENSEIGNEMENT






Nous pouvons ainsi résumer notre enseignement ainsi :


1er POINT
La Maïeutique Transcendante propose au débutant d'aborder le sentier initiatique par la pratique de l'art de l'observation.
Je puis observer le corps et l'ensemble des sensations corporelles. Je puis également observer le va et vient de mes pensées. Pour celui qui s'adonne à cette observation, en des moments de silence et d'immobilité introspectifs, mais également au cours des activités quotidiennes, la constatation suivante apparaît avec une intensité proportionnelle à la pratique : il y a moi et il y a ce que j'observe. Moi, je suis ce qui observe le corps et les pensées. Je ne suis pas ce que j'observe. Je ne suis ni le corps, ni les pensées. NETI NETI disent les Upanisads. Non tu n'est pas ceci, ni telle ou telle chose observable.




2eme POINT

La question : "Qui suis-je ?" se pose alors. Question dont Ramana Maharshi notre Maître vénéré, faisait la base de son Enseignement. Qui suis-je moi qui observe le corps et les pensées ? La pratique régulière de la méditation m'amène à réaliser que je suis Conscience pure.

C'est la Conscience qui perçoit le monde extérieur, le corps et les pensées. Cette Conscience en elle même est vide de contenus. Il importe donc de ne pas confondre, ainsi que l'on fait de nombreux philosophes occidentaux, la conscience de ceci ou cela, avec la Conscience elle-même. Etre conscient de telle ou telle chose, c'est constater que tel ou tel type de perception traverse le champ de la Conscience. Mais en elle-même la Conscience est indépendante de toutes catégories de perception. A l'état de veille, les contenus de la Conscience sont les perceptions de monde extérieur et du monde subjectifs. En l'état de rêve, ce sont les fantasmes du monde onirique. En l'état de sommeil profond, il n'y a pas de rêve, toute perception cesse, et seule demeure la Conscience vide de contenu. Le sommeil profond n'est pas inconscience, mais conscience pure vide de toute perception.




3eme POINT

Une nouvelle question se pose pour le chercheur : cette pure Conscience qui est en mon Soi, témoin des trois états de veille, rêve et sommeil profond, est elle une réalité personnelle ou impersonnelle ? En d'autres termes, y a-t-il sa Conscience présente en tous les individus, ou bien chaque individu a-t-il sa Conscience personnelle ? Si vous déclarez :" Conscience est différente de celle du voisin", je suis en droit de vous demander en quoi consiste cette différence. Or toutes les différences qui séparent entre eux les individus se situent au niveau de ce qui est perçu par la Conscience, et non au niveau de la Conscience en elle même. Je suis différent de mon voisin parce que mon corps, mes sentiments et mes pensées sont différentes. Mais au niveau de la Conscience en elle-même, il n'existe aucune différence entre moi et mon voisin. S'il n'existe aucune différence, la Conscience est une réalité impersonnelle et non une réalité personnelle. Etant impersonnelle, cette réalité n'est enfermée dans aucune limitation individuelle, puisqu'a son niveau l'individualité n'existe pas. Une Conscience impersonnelle est nécessairement une conscience Universelle. Il n'y a donc qu'une conscience omniprésente qui imprègne toute la création. Cette Conscience unique est identiquement présente dans une plante et dans un homme. Les différences ne se situent qu'au niveau des perceptions formant d'une part l'etat de conscience du végétal, et d'autre part l'état de conscience humain.


Cette Conscience qui imprègne toute la création, n'est cependant en aucune façon limitée par cette dernière. La Conscience unique demeure le témoin de toutes les formes de vie. En tant que spectatrice elle n'est pas incluse dans le spectacle. Elle est à la fois présente en toutes choses et au-delà de toutes choses. De ce fait, immanence et transparence sont deux aspects inséparables de la Conscience infinie.




4eme POINT

Cette Conscience est la Conscience de l'Etre en soi. De même que la Conscience a été confondue par de nombreux penseurs avec ses contenus, l'Etre a été fréquemment confondu avec la manière d'être.

Vous existiez il y a dix ans, or depuis dix ans votre corps n'est plus le même, il s'est entièrement modifié, vos sentiments, vos pensées ne sont pas identiques, le lieu où vous vous trouvez est probablement différent. Qu'est ce qui vous permet dès lors d'affirmer : "j'existais il y a dix ans?" Ce qui vous permet de le dire c'est la permanence de votre être. Ce qui s'est modifié c'est votre manière d'exister. De même entre les trois états de veille, de rêve et de sommeil profond, ce qui se modifie c'est le mode d'existence, ce qui demeure c'est l'Etre. Dans la naissance et dans la mort, ce qui se transforme c'est la façon d'exister, ce qui demeure c'est l'Etre. Ainsi que le dit Bhagavad - Gîta "ce qui EST ne peut cesser d'être." N'être rien c'est encore ETRE le rien, c'est à dire ETRE sous l'aspect apparemment négatif de la non-manifestation, la pure existence dépouillée de toute forme d'existence. La pure Conscience n'est rien, rien de définissable ou de formulable. Ce rien que peut saisir notre intuition est la pure existence infinie. Ce rien de l'être pur est le substrat de tout, sur lequel se surimposent toutes les formes d'existence.

Ainsi le fait d'Etre demeure immuable, et votre manière d'exister, votre ego, votre personnalité se modifient sans cesse. Selon l'affirmation Bouddhiste le moi est impermanent, tandis que l'Etre en soi, qui n'est autre que la transcendante inexprimable du Nirvana ou de Brahman, est immuable.

Dieu est l'Etre d'où l'affirmation biblique : "JE SUIS CELUI QUI SUIS". La réalité Divine c'est l'Etre - conscience - Béatitude. SAT - CHIT - ANANDA. La béatitude résulte de l'infinitude, connaître son infinitude c'est connaître la béatitude.





5eme POINT

Vivre au niveau de notre véritable nature, de notre Soi suprême qui est Etre pur, tel est le but de l'initiation.

Cette réalisation implique un total détachement. C'est parce que l'on s'identifie au corps et au mental qu'apparaît la convoitise et l'attachement. La Paix profonde du détachement est connue par celui qui met fin à cette fausse identification. Un tel détachement est connu par celui qui met fin à cette fausse identification. Un tel détachement n'a pourtant rien à voir avec l'ascétisme ou le renoncement au monde. Se mortifier physiquement, affectivement ou intellectuellement, ce n'est pas mettre fin à l'identification au corps et au mental. Le but est d'être désidentifié de l'homme, quelles que soient les activités ou les expériences de ce dernier. Tel est le message fondamental de la Bhagavad -Gîta : laisser l'homme accomplir son devoir social sans s'identifier à lui, et en demeurant conscient d'être l'Etre unique et eternel.




6eme POINT
Seule une pratique régulière de la méditation, pratique héritière des techniques du Raja - Yoga et imprégnant peu à peu la totalité de votre vie, vous permettre de cesser de vous identifier au corps et au psychisme, pour savoir d'expérience que vous êtes la pure Conscience éternelle et infinie.
Faire cette expérience du Samadhi et du Satori, c'est être un illuminé, un Jnani. C'est posséder la Sagesse suprême. La Gnose définitive. En faisant cette expérience vous direz à celui qui cherche, et à la suite des Sages des Upanishads : "Cela (cet infini ) tu l'es"- TAT TWAN ASI " Vous direz à la manière du Christ : "le Père (c'est à dire la Conscience Transcendante de l'Etre en soi) et moi nous sommes un". Vous saurez ainsi que l'a déclaré le prophète Mohammed que : "Celui qui connaît son âme, connaît son seigneur" (ibn Arabî -Le traité de l'unité). Et vous pourrez dire : "Je suis l'Absolu "AHAM BRAHMASMI.


C'est vers l'expérience de cette réalité que convergent toutes les religions. cette expérience salvatrice constitue le noyau Esotérique de toutes les révélations.

Une telle expérience met du temps pour s'enraciner. Au début elle peut n'être qu'un éclair fugitif et bouleversant sur la Réalité suprême. Il faut travailler pour qu'elle devienne une béatitude quotidienne et constante; mettre en œuvre une discipline systématique, pour imprégner de la Connaissance Transcendante (Jnana) tous les aspects de notre vie.





7eme POINT

Passer de l'ignorance à la Connaissance, c'est également passer de la mort à l'Immortalité, car nous subissons le destin de ce à quoi nous nous identifions. Qu'est ce qui naît ? : c'est l'individualité psychophysique. Qu'est ce qui meurt ? : c'est le corps physique. Qu'est ce qui expérimente la vie post-mortem ?: c'est le psyché. Tout cela ne vous concerne pas, vous qui êtes la pure Conscience témoin.

La durée d'une vie humaine n'est que le commencement, le développement, et enfin l'interruption d'un type spécifique de perception. Vie humaine et vie post-mortem ne sont que des spectacles différents, des suites coordonnées de perceptions qui traversent le champ de notre Conscience infinie et éternelle. Parvenir à sentir que vous êtes la Conscience Infinie vous savez : "A quoi ressemblait votre visage originel avant que votre mère et votre père fussent nés." Selon un Koan Zen de Maître Houei-neneg; et de même que le Christ vous pouvez déclarer : "Avant Abraham j'étais".





8eme POINT

Pour celui qui est identifié à la Conscience éternelle, l'univers entier n'est que l'ensemble des perceptions traversant le champ de cette Conscience infinie. L'univers n'a donc aucune réalité matérielle. Ce que nous appelons la matérialité n'est qu'un type spécifique de perceptions. Toutes les catégories de perceptions ne sont que des phénomènes évanescents qui reposent sur le vide. Vivre cette compréhension au sein du scénario de la vie quotidienne, c'est connaître la plus haute forme du détachement.





9eme POINT
L'Univers c'est le grand rêve de l'Etre. C'est la méditation coordonnée de Dieu qui est pur Esprit. C'est Maya le spectacle de la Divine fantasmagorie. Cette fantasmagorie c'est l'expression de l'Energie Divine (Shakti). Du vide infini de la pure Conscience jaillit le rêve de l'Univers : le monde est donc la Manifestation de Dieu. L'essence Divine, qui est le vide infini de la pure Conscience, et la Manifestation Divine, qui prend la forme du Cosmos, sont inséparables. Ainsi vous réalisez avec les Sages des Upanishads que "tout ce merveilleux univers est Brahman". Samsara, le mode de la transmigration, et le Nirvana, la Transcendance, sont un.

En tant qu'homme vous êtes une parcelle indissociable du Cosmos. En tant que Conscience vous êtes inséparable de la Transcendance Divine. Une réalisation spirituelle intégrale ne vous incite pas à renoncer au monde, mais au contraire à voir en lui la Manifestation Divine dont vous êtes inséparables en votre aspect manifesté, vous êtes inséparable de l'univers. De ce fait, votre corps est un avec la totalité du Cosmos. Qui sait cela peut reprendre à son compte la parole du Christ et dire devant n'importe quel élément du monde : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang."






10eme POINT
Vivre quotidiennement l'unité Cosmique du grand tout, du Tao, c'est éveiller en vous la plus haute forme d'amour. L'amour coule librement lorsque toute illusion séparatrice s'est évanouie. Tous les autres sont aimés comme vous même.
Dès le début de la quête spirituelle l'épanouissement du cœur est un puissant facteur de progrès. Plus votre amour s'élargit, brise tous les puissants facteurs de progrès. Plus votre Amour s'élargit, brise tous les cloisonnements de l'égoïsme, de l'attachement, de l'identification possessive, plus vous devenez capable d'aimer pour le simple plaisir d'aimer, sans rien attendre ou chercher, plus l'ego se dissout.

Lorsque je n'aime plus mon conjoint parce qu'il est mon conjoint, mes enfants parce qu'ils sont mes enfants, mes parents, mon pays, etc...Pour la même raison. Lorsque mon amour, même s'il ne peut matériellement s'exprimer vis à vis d'un nombre restreint d'individus, englobe tous les êtres vivants; et s'accompagne de la totale incapacité d'éprouver de la haine. Lorsque cet amour ne s'attache à aucune personne particulière, car en toute personne je vois la Manifestation de Dieu, et que je suis attaché et amoureux de Dieu seul. Alors Je suis trés proche de la Réalisation.






11eme POINT
Dépasser le corps et le mental, se fondre dans le Silence éternel, c'est être Un avec Dieu. Revenir au niveau du corps et du mental, c'est redevenir une petite individualité tandis que Dieu est l'infini. Ce n'est jamais au nom de l'homme que l'on peut dire : "je suis Dieu". En vérité nous sommes Dieu au niveau de notre Réalité profonde, parce que Dieu est la seule réalité profonde. Quand à l'homme il appartient au monde des apparences. Identifier une apparence à la Réalité Essentielle, n'est que délire mental et blasphème. De ce fait les enseignements qui ont affirmé l'identité essentielle entre l'homme, simple poussière, et Dieu, ont conjointement raison. En votre aspect apparent, c'est à dire au niveau de votre corps, de vos sentiments et de vos pensées, vous êtes irréductiblement dissemblable de Dieu. Vous n'êtes qu'une minuscule parcelle de Sa Manifestation. Par contre, en votre aspect Essentiel, au-delà du corps et du psychisme, vous êtes un avec Dieu et avec l'Univers.


Comprendre cette double vérité, c'est également comprendre que la Réalisation spirituelle contient deux aspects. Le premier aspect, l'aspect Gnostique, en lequel apprenant à dépasser le mental vous vivez d'expérience votre unité avec l'Absolu : C'est le Védanta, c'est le Jnana- Yoga. Le deuxième aspect c'est l'aspect dévotif : Le Bhakti-Yoga, en lequel vivant au niveau de l'homme vous établissez une relation avec Dieu. Vous l'aimez et vous l'adorez au-dessus de toutes choses. Vous vous ouvrez à sa grâce sanctifiante. Vous vous soumettez à sa Volonté qui se manifeste au travers de tous les évènements de la vie. Vous accomplissez ce que Vous dictent les inspiration qu'il Vous octroie, et vous demeurez son serviteur.
C'est à l'approfondissement de ce deuxième aspect que sont tout particulièrement dédiées les mystiques hébraïque, chrétiennes et musulmanes. Cependant, ainsi que l'affirmait Ramana Maharshi, à la suite d'un grand nombre de Sages hindous; et ainsi que l'ont exprimé avec un clarté particulière certain Maîtres Soufis : les expériences de la Connaissance (Jnana) et de la Dévotion (Bhakti), fusionnent et deviennent des aspects complémentaires de la même réalisation.


"O Seigneur, si je m'identifie avec le corps, je suis ton serviteur; quand je me considère comme une âme incarnée, je suis une parcelle de Toi-même; mais quand je réalise que je suis le Soi, je ne fais qu'un avec Toi". 
(Adhyâtma - Râmâyana)








12eme POINT

Se réaliser spirituellement n'a rien d'une préoccupation égoïste, car c'est seulement dans la mesure où nous connaissons la Lumière que nous pouvons l'apporter à autrui. Demeurer dans le monde pour faire rayonner la Lumière autour de nous, telle est la voie du Karma - Yoga. Le Karma - Yoga, ou la Voie des Œuvres, complète les voies de la Connaissance et de l'Amour. C'est pour révéler la connaissance que les Œuvres sont accomplies, et ce qui nous pousse à les accomplir c'est l'amour. L'amour de Dieu et l'amour des êtres vivants étant indissociables, puisque tous les êtres sont des manifestations de Dieu.

Apporter à autrui la lumière et la Vérité, pour ainsi être un membre actif de la Rédemption générale, n'est pas un but qui se limite à la présente vie. C'est au travers de toutes les éternités successives que la Réalité se voue au service des autres. C'est au travers de toutes les éternités successives que la Réalité se voue au service des autres. C'est au travers d'une multiplicité infinie de conditions d'existence qu'il envisage d'éclairer autrui. Tel est l'idéal du Bodhisattva, qui n'est autre que celui des Saints de l'Eglise triomphante.




13eme POINT

Aussi longtemps que vous désirez obtenir une Réalisation spirituelle, et une libération (Mukti) personnelle de la temporalité, il ya encore une trace d'Ego en vous. Le dernier lâcher-prise est celui qui consiste à comprendre qu'il n'y a pas de Libération personnelle possible. Une libération individuelle serait réalisable s'il y avait une individualité, mais c'est précisément l'individualité qui est une illusion. Il n'y a donc aucune possibilité de vous réfugier quelque part, de vous émanciper individuellement, puisque vous êtes indissociables de tout.

Etant donné que vous êtes un avec Dieu, en ses aspects manifestés et non Manifestés. Etant donné que vous êtes un membre du corps du Christ, la Rédemption du monde est votre Rédemption; et aussi longtemps qu'un seul être dans l'univers ne sera pas Réalisé spirituellement, vous ne serez pas réalisé spirituellement, vous ne serez pas Réalisé en votre Réalité englobante.


Nous vous avons donné un très bref et succint résumé de l'enseignement de la Maïeutique Transcendante.


Puissiez-vous approfondir cet enseignement !

Puissiez-vous l'intérioriser !

Puissiez-vous le vivre ! Puissiez-vous le réaliser !

Puissiez-vous le transmettre !




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Réponse au message de Jean2018 
(lire commentaire en bas de page)


Votre point de vue s’éloigne très sensiblement du nôtre sur un ensemble de points.

Ce qui est perçu ce n’est pas seulement comme vous le concédez : « le corps dans son aspect physique et psychique », c’est également la pensée, la conceptualisation et les réflexions que vous écrivez.

Pour nous le « je » ce n’est pas ce que vous appelez « la cognition témoin ». Le « je », tel qu’on peut l’observer c’est la formulation mentale « je », c’est-à-dire le phénomène mental récurant qui s’approprie les sensations corporelles, qui s’approprie les sentiments, les pensées et les conceptualisations. La cognition témoin est une perception, elle ne déclare pas appartenir à quelque qu’un, pas plus qu’une pensée, ou une sensation. Il y a divers phénomènes : sensations, sentiment, pensées, qui sont produits par un ensemble de lois de cause à effet, et puis il y a un autre phénomène, également perçu, le phénomène du « je » qui prétend illusoirement être le propriétaire de ce qui s’est produit. La sensation de froid apparaît, une pensée surgit, en soi il n’y a pas de « je » dans ces deux phénomènes, mais voici qu’apparaît le phénomène du « je » qui dit « j’ai froid », « je pense ceci ou cela ». Ainsi est psychologiquement construite une entité illusoire qui en fait ne fait que se surimposer sur des phénomènes. Si vous ne comprenez pas cela, vous ne pouvez saisir ce qui est pour l’Advaita-Vedanta à la fois la racine de l’ignorance et la possibilité d’y mettre fin. Car la pensée « je » est une surimposition inutile et il est donc possible de mettre fin à la croyance qu’elle induit c’est-à-dire le fait d’être une entité séparée.

Lorsque vous dites : « la cognition témoin je signifie le fait d'être conscient d'être conscient, d'être connaissant de sa propre existence », vous mélanger deux choses : le fait d’être conscient et de percevoir, et le fait de s’imaginer que ces perceptions constituent « notre propre existence ». Qui vous a dit qu’il s’agissait de « votre propre existence » ? L’acte de percevoir n’a rien dit. Les perceptions n’ont rien dit. Quelque chose s’est ajouté à l’acte de percevoir et aux perceptions. Ce quelque chose c’est la pensée « je » dont vous êtes dupe. C’est la pensée « je » qui s’attribue le perçu et le déclare comme constituant « son existence ». Mais en réalité il n’y a pas d’existence individuelle. C’est une illusion et si vous voulez sortir de cette illusion, la prise de conscience de sa nature est nécessaire.

Ce que nous appelons l’ignorance métaphysique éclate dans votre déclaration : « la conscience témoin en question ne peut être le véritable "je" car celle-ci est impermanente. Où est-elle durant le rêve et le sommeil ? Cette conscience témoin est relative à l'état de veille, elle n'est qu'une modalité cognitive parmi d'autres et ne peut être la Réalité ». Vous confondez la conscience mentale et la Conscience Témoin qui est la présence de l’ultime Réalité en chaque homme. La Conscience Témoin perçoit les trois états de veille, de rêve et de sommeil profond. La perception du sommeil profond étant pour Elle l’état d’un « Spectateur sans spectacle », tandis que les états de rêve et de veille constituent pour elle deux formes de spectacle différent. Ainsi dire que : « cette conscience témoin », qui perçoit toutes les modalités mentales et intellectuelles, « n'est qu'une modalité cognitive parmi d'autres », c’est une belle absurdité. Car vous connaissez l’existence de n’importe quel type de « modalité cognitive », car il y a une présence consciente qui la perçoit. Essayer de comprendre que « Cela », qui perçoit votre augmentation et notre réponse, n’argumente pas et ne répond pas.

Vous réduisez, d’une manière très matérialiste, la Conscience Témoin du Soi, qui est de même nature que l’Absolu, qui est présence de l’Absolu en l’homme à l’état de veille et vous prétendez « qu'elle s'altère avec la venue du rêve », mais qui perçoit le rêve ? La même Conscience Témoin. Quant au sommeil profond, au sortir de celui-ci perdure le souvenir d’avoir perçu une absence et un vide, car la même Conscience a été Témoin de l’absence de perception qui caractérise cet état.

Pour avoir une chance de comprendre l’Advaita-Vedanta, il faut accepter ce qu’il déclare sur la Conscience Témoin. Cette acceptation étant le prélude indispensable a la possibilité d’un vécu. Car nous ne nous situons pas sur le plant des arguties sans fin de la démarche philosophique. Ce qui est proposé c’est l’ouverture vers un vécu radicalement différent.

Ceci était la réponse à ce que vous avez appelé votre « introduction ».

Pour le reste, on comprend que votre positionnement « introductif » étant foncièrement erroné, les questions seront forcément à l’image de vos déformations. Ainsi lorsque vous dites : « Comment le fait de demeurer de manière attentionnelle en tant que cognition témoin, une cognition relative et impermanente, peut-il amener à la reconnaissance du Soi, du Témoin ou de la Réalité ? » Il faut répondre en établissant les corrections suivantes : le fait de demeurer de manière attentionnelle en tant que Conscience Témoin de la totalité du perçu, y compris de la « cognition » du Témoin, permettra de réaliser une reconnaissance de la présence permanente et constante de la Conscience du Soi, ou de la Réalité, que nous sommes depuis toujours et qui perdure immuablement derrière l’impermanence du perçu.

Lorsque vous demandez : « Qui reconnaît le Soi ? Ce ne peut être la conscience témoin propre à l'état de veille étant de nature illusoire ». La réponse est : Le Soi qui ne peut être perçu, puisqu’il est le Sujet ultime, cependant il se connaît lui-même et par lui-même sans aucune nécessité d’un instrument de connaissance. Toute comme une lampe est éclairé par sa propre lumière. Et il faut répéter que le Soi n’est pas « la conscience propre à l’état de veille », c’est la Conscience qui perçoit les trois états de veille, de rêve et de sommeil profond.

L’interrogation : « L’illusoire peut-il connaître la Réalité ? L'impermanent peut-il connaître le Permanent ? Le conditionné peut-il connaître l’Inconditionné ? » Montre que vous êtes dans une inversion des réalités. A l’instant même, au-delà de la conscience mentale et psychologique, votre véritable Identité transcendante, votre Soi, qui est le Réel et le Permanent, perçoit l’impermanent et le conditionner. Car vous n’avez pas à devenir le Soi, vous êtes déjà le Soi. La seule question est de savoir si l’intellect peut réaliser la saisie intuitive de votre Présence en l’homme, ou bien s’il s’en révèle définitivement incapable.

Terminons par votre dernière pseudo interrogation : « Finalement, le Témoin en tant que tel, a-t-Il la nécessité de se reconnaître ? Est-Il dupe du monde phénoménal ? »

L’ignorance est un phénomène intellectuel. La Connaissance est le phénomène intellectuel contraire.
Le Soi est au-delà de la Connaissance et de l’ignorance. Il est la Conscience-Témoin qui perçoit l’ignorance ou la Connaissance.
Toutes les injonctions spirituelles ou initiatiques s’adressent donc à l’homme et ont pour objet de produire le phénomène de Connaissance.

Lorsqu’un homme accède à la Connaissance, il devient pour l’Absolu un miroir dans lequel il se contemple.
Étant donné que seul l’Absolu existe, ce n’est pas un sujet fini qui accède à la Connaissance de l’Infini, c’est l’Infini qui se contemple dans une de ces manifestations humaines.

Mais qu’est-ce que la Connaissance ?

Ce n’est pas une obtention, c’est une constatation. Nous sommes tous déjà le Soi. Mais la surimposition des caractéristiques humaines voile cette réalité. Par le phénomène de Connaissance le voile est retiré et en nous réalisons l’évidence de ce que nous sommes depuis toujours et à jamais.
Puisque qu’il ne saurait y avoir pour l’Absolu de nécessité contraignante, c’est l’Unique qui, d’innombrables manières, joue à s’oublier et à se retrouver.

Notre réponse est probablement dans votre cas une perte de temps, car il apparaît dans la tournure de vos propos que : « vous ne voulez pas comprendre ».
Mais ne vous inquiétez pas personne ne vous obligera à comprendre. Ne trouve la Vérité que celui qui la cherche avec sincérité et non celui qui argumente afin de nier son existence évidente.
Terminons par la motivation qui sous-tend votre intervention. Vous n’êtes pas « un chercheur de Vérité », vous êtes une personne qui nie. Mais pour dire les choses franchement, venir sur un blog spirituel pour s’efforcer de « démontrer » que ce qui est dit est sans valeur constitue un « passe-temps » assez médiocre. N’avez-vous rien de plus intéressant à faire pour « meubler » votre précieuse illusion temporelle ? Votre vide intérieur est-il à ce point désespérant qu’il vous paraît nécessaire de vouloir le faire partager ?



Eric Tolone